Empreintes, l’installation collective des artistes plasticiens Ramia et Mahefa Rasamuel, est à découvrir à La Rhumerie Ivandry cette semaine. Les tableaux des deux artistes invitent à l’exploration du geste, de la matière et de la mémoire.
“Les empreintes sont parfois nettes, parfois à peine visibles. Par manque de transmission ou par volonté, certaines cultures s’oublient ou se perdent. Malgré tout, les gardiens de la culture essaient de les maintenir, de les perpétuer, car il s’agit de l’identité d’une communauté ou d’une nation”, confie-t-on.
Amis de longue date, Ramia et Mahefa Rasamuel voient souvent leurs univers créatifs se croiser. Et leur complémentarité artistique prend forme à travers cette exposition.
Dans son travail, Ramia s’inspire de la culture malgache, pour éviter qu’elle ne disparaisse face à la modernisation et à la mondialisation. Il intègre dans ses œuvres des ohabolana et des hain-teny pour rappeler que cette culture est avant tout orale. Par ses motifs, il est le gardien de la mémoire de nos origines. A travers ses toiles, la culture malgache apparaît et disparaît, refusant l’oubli et affirmant sa place dans un monde artistique en mouvement.
Mahefa, lui, avait déjà créé plusieurs de ses œuvres avant le 25 septembre. Mais les récents événements ont été une nouvelle source d’aspiration. A cet effet, il utilise des matériaux porteurs d’histoire comme des cartons griffés par Caipi, sable, marc de café pour montrer ce qui résiste au temps. Ces traces deviennent la mémoire d’un changement et le témoignage d’une histoire qui veut rester vivante.
« Empreintes ne se limite pas à montrer des créations individuelles, nous avons collaboré étroitement, depuis la conception, l’exposition à la réalisation conjointe de plusieurs tableaux. Chacun, avec sa sensibilité et ses techniques propres, laisse son empreinte, parfois spontanée, parfois réfléchie, sur des œuvres tantôt longuement mûries, tantôt nées du hasard”, conclut-on.
Joachin Michaël




