Agro-industries: la fiscalité et les infrastructures au cœur des urgences

Les agro-industries malgaches peinent à jouer pleinement leur rôle dans la transformation économique du pays. Selon un économiste du secteur privé ayant requis l’anonymat, plusieurs obstacles structurels bloquent l’élan du secteur. «Les déficits d’infrastructures sont une évidence, mais la fragilité de l’environnement institutionnel freine tout autant les investissements», affirme-t-il.
Routes dégradées, coûts logistiques élevés, accès li­mi­té à l’énergie. Les contrain­tes persistent sans parler de l’absence d’une politique fiscale incitative qui compromet le développement des filières locales. «Il n’existe pas aujourd’hui de véritable politique fiscale qui soutient les industries engagées dans la valorisation des produits locaux», souligne l’économiste.
La pression fiscale actuelle pèse lourdement sur les entreprises formelles. «Les agro-industries supportent une pression handicapante, car une grande partie de l’économie reste informelle», explique-t-il. L’objectif d’atteindre un taux de pression fiscale de 18 % d’ici 2029, est jugé ambitieux. Toutefois, l’expert met en garde : «L’État doit élargir l’assiette fiscale au lieu d’augmenter la charge pour les entreprises qui paient déjà correctement. Sinon, nous risquons de ralentir la croissance».
Pourtant, l’enjeu dépasse la seule question budgétaire. Le développement des filières agricoles locales, dépend directement d’un tissu industriel solide. Les industries de transformation créent des emplois, stabilisent les débouchés et réduisent les importations. «Ces industries créent durablement de la valeur et assurent un marché stable aux produits agricoles et d’élevage», insiste-t-il.

Soutien fort pour industrialiser

De nombreuses entreprises locales innovent, investissent et prennent des risques importants. Elles transforment les matières premières, modernisent leurs procédés et cherchent à conquérir de nouveaux marchés. Et « elles ont besoin d’être entendues et soutenues pour permettre à Madagascar de passer d’un pays agricole à un pays industrialisé et développé », plaide l’économiste.
Les groupements industriels, tels que le Groupe­ment des entreprises de Ma­dagascar (Gem), l’Associa­tion Agro-Industrie de Ma­da­gascar (AIM) ou le Syndi­cat des industries de Mada­gascar (Sim), multiplient les plaidoyers. Malgré les concertations et les forums, les avancées concrètes restent limitées. «Beaucoup de dialogues ont eu lieu, mais aucune mesure forte n’a été adoptée. Et ce sont les agriculteurs locaux qui en subissent les conséquences», regrette notre interlocuteur.

Arh.

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