FMJE: crise profonde au sein des échecs malgaches

La Fédération malagasy du jeu d’échecs (FMJE) traverse une tempête sans précédent. Le communiqué publié le 30 janvier, fixant le calendrier électoral pour le mandat 2026-2030, a déclenché une vague de contestations qui dépasse largement les cercles habituels de la discipline.

En fait, la ligue d’Anala­manga, la plus importante du pays, se retrouve privée de droit de vote à l’assemblée générale élective. Par la suite, un mouvement citoyen baptisé « Mou­vement Miala FMJE » est né le 13 février pour exiger le départ immédiat du comité exécutif actuel.
Le document officiel de la FMJE détaille un calendrier précis : élections au niveau des clubs entre janvier et le 15 février, élections des ligues en février, et élection du comité exécutif fédéral en mars, avec une date butoir fixée au 15 mars en cas de report.
Il précise également les conditions de participation. Les présidents de clubs et de ligues doivent présenter une carte d’identité nationale, un certificat de conformité valide pour le prochain mandat et une attestation d’affiliation délivrée par la fédération. Les candidats à la présidence fédérale sont tenus de déposer une liste complète comprenant président, vice-président, secrétaire général, trésorier, directeur technique national et conseillers.
Le point le plus controversé concerne la liste des ligues considérées comme éligibles. Seules onze régions sont reconnues pour avoir enregistré des activités fédérales suffisantes entre 2021 et 2025, à savoir Itasy, Bongo­lava, Amoron’i Mania, Boe­ny, Atsimo Andrefana, Alao­tra Mangoro, Atsina­na­na, Diana, Menabe, Vakinan­karatra et Haute Matsiatra.
La ligue d’Analamanga, qui regroupe la capitale Antananarivo et la grande majorité des joueurs actifs du pays, n’apparaît pas dans cette liste. La FMJE justifie cette exclusion par l’absence « d’activités sportives qualifiées » permettant de représenter une ligue.

La FMJE contestée
Cette décision est un coup très dur pour les responsables et les joueurs d’Analamanga. La ligue avait pourtant tenu son assemblée générale élective cette année et obtenu un certificat de conformité délivré par le ministère de la Jeu­nesse et des Sports (MJS), document habituellement reconnu comme preuve de légitimité.
L’exclusion pure et simple du droit de vote, lors de l’élection fédérale est vécue comme une sanction arbitraire qui accentue les tensions déjà anciennes entre la ligue régionale et la fédération nationale.

« Mouvement Miala FMJE »
La colère a rapidement débordé du cadre d’Anala­manga. Le 13 février, le « Mouvement Miala FMJE » a été officiellement créé pour porter la contestation à l’échelle nationale.
Dans sa déclaration, le mouvement accuse le comité exécutif actuel de « piétiner les textes légaux et les droits des joueurs malgaches ». Il pointe notamment l’absence totale d’assemblée générale ordinaire depuis quatre ans, ce qui constitue une violation manifeste des statuts de la fédération, ainsi que l’opacité entourant l’utilisation des subventions accordées par la Fédération internationale des échecs (FIDE).
Le mouvement appelle sans détour au retrait définitif des dirigeants actuels, estimant que leur maintien met en péril l’avenir de la discipline à Madagascar.

Naisa

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