Sécurité alimentaire: transformer les systèmes relève de la responsabilité collective

Confronté à une insécurité alimentaire chronique, aux changements climatiques et à la précarité de l’emploi rural, Madagascar engage une refonte ambitieuse de son modèle agricole. La stratégie a été présentée officiellement hier, lors d’un atelier organisé à Ibis Ankorondrano, réunissant autorités publiques, sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de l’élevage, partenaires techniques et financiers ainsi que représentants d’agences onusiennes.

Soutenue par des partenaires internationaux, cette démarche repose sur une coordination renforcée entre institutions nationales et bailleurs. Les moyens fiancés mobilisés sont significatifs avec plus de 450 millions d’ariary engagés et près de 1.900 exploitants agricoles concernés directement. L’objectif est d’harmoniser les interventions et d’inscrire les projets dans une vision durable, afin d’éviter les approches dispersées et

Coopération structurée
Dans la perspective du Sommet des Nations unies consacré aux systèmes alimentaires, la transformation des modes de production et de consommation est devenue une priorité internationale pour atteindre les Objectifs de développement durable. A Madagascar, cette orientation se traduit par une collaboration étroite entre le gouvernement malgache, l’Union européenne et le Système des Nations unies.
Grâce au financement catalytique du Joint SDG Fund, plusieurs agences unissent leurs expertises. La FAO s’occupe des questions agricoles et alimentaires, l’Organisation Internationale du Travail de l’emploi décent, et le Programme des Nations unies pour le développement de l’appui institutionnel et territorial. Cette synergie vise à dépasser les interventions sectorielles pour adopter une approche globale.
A ce sujet, l’ambassadeur de l’Union européenne à Madagascar, Roland Kobia, a insisté sur la nécessité d’intégrer des dispositifs garantissant la continuité des projets au-delà des appuis financiers extérieurs. Pour lui, la durabilité constitue la condition essentielle de résultats solides.

Pratiques agricoles adaptées
Le programme Stosar II, financé à hauteur de 10 millions d’euros par l’Union européenne et déployé par la FAO, est inclus dans cette initiative. A Madagascar, il soutient l’amélioration des systèmes d’information agricole, facilite l’accès des producteurs aux marchés et encourage le développement de chaînes de valeur plus inclusives, en particulier pour les jeunes et les femmes. D’ailleurs, c’est le message central de l’atelier.
Parallèlement, un programme catalytique des Nations Unies, est mis en œuvre dans la région d’Anôsy, choisie comme zone pilote. On expérimente dans cette région des pratiques agricoles adaptées au changement climatique et aux enjeux nutritionnels tout en étant susceptibles de générer des emplois stables. Plus de 1.900 agriculteurs constituant la première vague, en bénéficient, avec l’objectif de reproduire les modèles éprouvés dans d’autres régions du pays.
L’approche adoptée met l’accent sur la complémentarité des acteurs publics et privés, ainsi que sur le renforcement des capacités locales. La méthode consiste à mettre en place une coordination renforcée, un financement mutualisé et une expérimentation territoriale, ce qui suscite l’intérêt des partenaires internationaux.

Tivo Rasam

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