Dans une ville fortement éprouvée par le passage du cyclone Gezani, la question sécuritaire devient prioritaire entre les risques de pillage et d’échauffourées, lors de la distribution des aides aux sinistrés. Dans ce cadre, une délégation gouvernementale conduite par le ministre des Transports et de la Météorologie, Juste Raharisone, et la ministre de la Population et de la Solidarité, Sidonie Raharinirina, est arrivée hier dans la ville Portuaire. Dans leur sillage, 600 militaires, gendarmes et policiers supplémentaires déployés pour encadrer les opérations de secours et prévenir toute dérive.
Au lendemain du passage du cyclone Gezani, le gouvernement met l’accent sur le partage équitable des aides, le maintien de l’ordre et la protection des sinistrés. Et la coordination des actions sur place, sous la supervision directe des membres du gouvernement et de l’Organe mixte de conception (OMC) national, doit permettre d’accélérer la réhabilitation des zones sinistrées.
L’objectif est double : protéger les populations et garantir que les aides parviennent directement aux sinistrés. Les autorités redoutent en effet les risques de pillages, de spéculation sur les produits de première nécessité ou encore de détournement de l’aide, des dérives souvent observées en période post-catastrophe.
Contrôle des prix
Outre les patrouilles dans les quartiers de la ville, les forces de l’ordre auront pour mission d’accompagner les opérations de distribution et d’assurer la fluidité de l’acheminement des vivres, des médicaments et des équipements d’urgence. Les consignes du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo sont claires : tolérance zéro pour les abus de pouvoir, la corruption ou les détournements.
Le contrôle des prix figure également parmi les priorités. Dans un contexte de pénurie et de forte demande, les autorités entendent prévenir toute flambée des coûts des produits essentiels. La présence des hauts responsables du ministère du Commerce et de la consommation dans la délégation gouvernementale indique l’importance de la mission confiée à ce département face aux flambées des prix des produits de première nécessité.
Sur le terrain, l’ampleur de la tâche reste toutefois immense. Le député élu à Toamasina, Roland Ratsiraka, évoque une situation inédite. Selon lui, jamais la ville n’avait été confrontée à un tel volume de débris et de déchets. Malgré la mobilisation conjointe de l’Etat, de la commune urbaine et des opérateurs économiques – qui ont déjà mis à disposition trois engins et cinq camions de 20 tonnes – l’assainissement prendra du temps.
Tivo Rasam




