Afafi-Nord: l’autonomie des communautés au cœur du succès

Après 96 mois d’intervention, le programme d’Appui au Financement de l’Agriculture et aux Filières Inclusives dans le Nord de Madagascar (Afafi-Nord), financé par l’Union européenne, prend fin. Déployé dans les régions Diana, Sava et Analanjirofo, le programme affiche un bilan jugé concluant.
«Mission accomplie. Les conditions de vie des bénéficiaires se sont nettement améliorées», souligne la coordination du programme. «Au total, 14.550 personnes ont été accompagnées dans la professionnalisation d’une vingtaine de filières agricoles, halieutiques et pastorales», a fait savoir le secrétaire général du ministère de l’Eco­nomie des Finances, Iouri Garisse Razafindrakoto, en marge de la cérémonie de clôture du programme hier à Andrainarivo.
Afafi-Nord a investit dans des infrastructures structurantes. 22 barrages ont été construits ou réhabilités, ainsi que plus de 48 kilomètres de canaux d’irrigation. Résultat : 9.823 hectares de rizières sont désormais alimentés en eau toute l’année, même en saison sèche. Quatre puits pastoraux et seize abreuvoirs, sécurisent l’élevage. Un marché à bétail moderne facilite la commercialisation.
« Sans eau, il n’y a pas d’irrigation. Sans irrigation, il n’y a pas de production agricole », rappellent les responsables.
Pour préserver les bassins versants, 8.229 hectares ont été reboisés. Le programme a également misé sur l’agroécologie et créé 13.974 exploitations familiales inclusives, continues et compétitives (EFICC), afin de renforcer la résilience des ménages vulnérables.

Approche participative
La lutte contre la malnutrition a occupé une place centrale. 22 centres communautaires de nutrition ont été construits dans la Diana et 70 autres équipés dans la Sava et l’Analan­jirofo. «La sécurité alimentaire passe par la santé, mais aussi par l’amélioration globale des conditions de vie», expliquent les équipes.
Dans cette lancée, plus de 600 groupes d’épargne communautaires, ont vu le jour. 4.616 latrines ont été construites ou réhabilitées. Des équipements modernes (Mini-laiterie, unité de glace, bassins piscicoles, tracteurs, magasins de stockage, bac motorisé de 9 tonnes), ont désenclavé et dynamisé les zones de production.
« L’originalité du programme réside dans son approche participative. Les bénéficiaires ont identifié leurs besoins et mis en œuvre les solutions », assure le chef de la coopération de l’Union européenne à Madagascar, Roberto Schiliro. L’équité de genre, l’inclusion des plus vulnérables et la durabilité environnementale ont guidé chaque action.
Aujourd’hui, la relève est assurée par les organisations paysannes, les associations d’usagers de l’eau et les communautés locales. « Nous sommes déterminés à pérenniser les acquis pour les générations futures », affirment les acteurs locaux.

Arh.

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