Jirama: une dette de 2.000 milliards d’ariary et un plan de redressement structuré

« La dette de la Jirama s’élève actuellement à un peu moins de 2.000 milliards d’ariary », a annoncé devant la presse hier à Ambohijatovo, le directeur général par intérim de la Jirama, le général de division Hajatiana Rasolomanana. Pour éviter le comblement du passif, la nouvelle direction veut agir en amont.

«Nous allons écarter toute offre qui risquerait de couler davantage la Jirama», prévient-il. Chaque proposition commerciale sera examinée à la loupe. L’objectif affiché consiste à «protéger l’entreprise et garantir la continuité du service pu­blic».
Cette dette pèse surtout sur les relations avec les producteurs indépendants d’électricité et les fournisseurs de carburant. L’ancien directeur général, Ron Weiss, avait indiqué que ces deux catégories figuraient parmi les principaux créanciers, alors que les autres fournisseurs seraient désormais payés à temps.
Sur le terrain, la lutte contre les vols et les fraudes s’intensifie. Les pertes sont estimées à 100 milliards d’ariary par an. Trois priorités sont fixées pour mener les opérations de ratissage : désengorger les réseaux saturés, raccorder les 1.300 demandes en attente et redresser la trésorerie.
Concernant l’électricité, la production pour le Réseau interconnecté d’Antanana­rivo (RIA) est jugée suffisante. «Le problème se situe au niveau de la distribution», précise le DG. Certaines sous-stations, comme Tana-Sud Anosizato, fonctionnent à 122% de leur capacité, provoquant des coupures répétées. En région, 19 des 116 groupes électrogènes commandés sont déjà opérationnels. D’ici mai 2026, l’ensemble devrait réduire significativement le délestage.

Retour progressif

A Toamasina, 60% des abonnés ont retrouvé l’eau. Six lignes moyenne tension sur onze sont rétablies, notamment pour les hôpitaux, banques et casernes. Les lignes basse tension sont inspectées pour éviter tout danger.
A Antananarivo, la pénurie d’eau persiste. La production de Mandroseza reste inférieure à 100.000 m³ par jour, imposant un système de tour d’eau. Mais plusieurs chantiers sont engagés : réhabilitation d’infrastructures, extension de Mandroseza III (+40.000 m³), projet Jirama Water III à Amoronakona (+50.000 m³) et plus de trente forages.
Malgré la crise, «Nous nous battons pour que les offres proposées soient à la portée des consommateurs», assure le général Rasolo­manana.

Arh.

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