Processus de refondation: la société civile dénonce l’absence de cap clair

Quatre mois après le renversement du régime Rajoelina et l’arrivée au pouvoir du Colonel Michaël Randrianirina, en tant que président de la Refondation de la République de Madagascar, plus d’un commence à s’interroger voire douter, du moins dans les rangs de la Société civile, en l’absence de cap clair sur la tenue de la concertation nationale.

Dans un « Appel à la conduite des consultations nationales et pour le renforcement de la lutte contre la corruption et contre l’impunité » datant du 18 février, la société civile alerte sur « l’érosion de la confiance » et dénonce le manque de direction et de clarté dans la conduite du processus de refondation.
Les signataires de cet appel, dont le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC), le Mouvement Rohy, MSIS-Tatao et la Plateforme régionale de la société
civile, Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG), Ivorary, dressent un constat sévère : manque de concertation, opacité dans la gouvernance et continuité des pratiques héritées de l’ancien système.
Selon la Société civile, des nominations sans tenir compte des critères de compétence clairement établis, favoriseraient le népotisme et le clientélisme, au détriment de l’intérêt général. Elle déplore également le retour des anciennes pratiques, alors que l’aspiration au changement a été à l’origine du mouvement de la Gen Z.
« La continuité actuelle ne bénéficierait qu’à une minorité », estime-t-elle en regrettant que les consultations à la base soient reléguées au second plan. Et l’absence d’une feuille de route consensuelle alimente par ailleurs les interrogations sur les priorités réelles de la transition et sur l’influence de certains groupes politiques et économiques dans les décisions.

Mesures urgentes

Afin de « poser les bases d’une refondation durable », la société civile avance cinq mesures jugées urgentes. La première est l’organisation d’une concertation nationale inclusive chargée de définir la vision, les objectifs stratégiques et les modalités de mise en œuvre de la transition. Une démarche qui, selon le collectif, permettrait de renforcer la légitimité des institutions actuelles.
Elle appelle également à prioriser les reven­dications de la population lors des manifestations, accélérer les réformes institutionnelles et électorales, clarifier la position du président de la Refondation sur une éventuelle candidature aux prochaines élections, instaurer l’incompatibilité entre responsabi­lités au sein des institutions de transition et ambition électorale nationale, afin d’éviter tout usage des moyens de l’État à des fins personnelles.
Sur ce dernier point, la société civile évo­que un « conflit d’intérêts inacceptable » susce­p­tible d’entacher la crédibilité du futur processus électoral. Pour la société civile, seule une gouvernance inclusive, transparente et orientée vers l’intérêt général, permettra d’éviter une nouvelle crise politique.

Tivo Rasam

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