Raïssa Razaivola a été arrêtée dans la nuit du 21 février à Andraharo. Depuis plusieurs semaines, cette affaire a suscité de nombreux commentaires sur le fonctionnement des institutions judiciaires et pénitentiaires à Madagascar.
Tout débute en octobre 2025, durant les manifestations du mouvement de la Gen Z qui réclame la libération de prisonniers politiques. Elle a ainsi bénéficié de cette période de flottement de la justice pour être libérée sans que les conditions spécifiques de sa remise de peine ne soient connues.
Le 20 décembre 2025, Raïssa Razaivola apparaît lors d’une inauguration de route dans le district d’Atsimondrano. De suite, les images ont interpellé l’opinion qui s’est notamment interrogée comment une condamnée peut-elle participer à une cérémonie officielle sans avoir achevé sa peine.
Le Syndicat des Magistrats de Madagascar a aussitôt dénoncé une atteinte à l’autorité des décisions de justice et au principe d’égalité devant la loi. Pour les magistrats, il ne s’agit pas d’une simple irrégularité administrative, mais d’une remise en cause du respect des jugements rendus.
Face à la polémique, la ministre de la Justice ordonne fin décembre 2025 la réincarcération de la détenue. Pourtant, l’exécution de cette décision tarde. Raïssa Razaivola ne se présente pas pour purger le reste de sa peine et il faudra attendre deux mois pour qu’elle soit finalement arrêtée.
Durant l’épisode de mobilisation de la Génération Z en faveur de prisonniers d’opinion, son cas se distingue dans la mesure où elle n’a jamais été considérée comme détenue politique. Et malgré son retour en détention, la question se pose quant à l’identité de ceux qui ont autorisé sa libération et la base légale de cette décision.
Rakoto




