Il est frappant de constater que les sujets qui enflamment le débat public ne sont presque jamais les plus importants chez nous. Sur les réseaux sociaux, surtout, ce sont toujours les futilités qui remportent le plus de succès. Il suffit d’un détail, d’une photo sortie de son contexte, pour que tout le monde s’emballe.
La récente image d’un membre de la délégation présidentielle à Paris en est un exemple parfait. Un simple cliché a suffi pour faire sortir de sa réserve même une responsable auprès de la Présidence. Et ce n’est pas un cas isolé. Les histoires de vie conjugale de tel ou tel, les petits scandales éphémères, les vidéos sorties de nulle part… tout cela occupe des heures de discussions. Pourtant, quand il s’agit de sujets réellement déterminants pour l’avenir du pays, c’est le silence ou presque. Seule une petite partie, et c’est dommage.
Prenons par exemple ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient. Beaucoup pensent que cette crise est lointaine, qu’elle ne nous concerne pas. Géographiquement, peut-être. Mais dans les faits, que nous le voulions ou non, les conséquences finiront par nous atteindre. Le prix des produits importés, celui du carburant, les chaînes d’approvisionnement… tout est lié. Nous vivons dans un monde où plus rien n’est isolé. La planète est devenue un village, et ce qui touche un pays finit, aujourd’hui ou demain, par toucher les autres. C’est la marche du monde et personne n’y échappe.
Plus près de nous encore, il y a les enjeux politiques et diplomatiques immédiats, comme les relations avec la Sadc, suite à la rencontre du Président avec l’organisation vendredi dernier. Là aussi, silence radio du côté du grand public. Pourtant, la Sadc est une organisation régionale qui suit de très près l’évolution de la situation politique dans chacun de ses Etats membres. Et selon le principe de subsidiarité, il est normal et donc presque automatique que nous nous rendions compte de ce qui se passe dans notre pays. On peut être d’accord ou non, mais c’est ainsi. A moins de vouloir vivre en autarcie, ce qui n’est ni réaliste ni souhaitable dans le contexte actuel.
Rakoto




