Fort du succès de leurs précédentes expositions collectives à La Rhumerie d’Ivandry, à l’Exora Beach Hôtel de Nosy Be et au Chat’o Park Ivato, deux artistes plasticiens dont Ramia et Mahefa Rasamuel présentent « Empreintes » au Lycée Français de Tananarive le 28 mars.
Ramia et Mahefa Rasamuel, amis de longue date, croisent régulièrement leurs univers artistiques. Cette exposition commune relève leur complémentarité créative : chacun y exprime sa sensibilité et sa vision du monde.
Dans son travail, Ramia s’inspire des fondements de la culture malgache, soucieux d’en préserver la richesse face aux effets de la modernisation et de la mondialisation. Il intègre dans ses œuvres des proverbes et des « hain-teny », évoquant le caractère profondément oral de cette culture. Les motifs qu’il utilise deviennent ainsi des fragments de mémoire, des signes destinés à préserver nos origines. A travers ses toiles, la culture malgache apparaît et s’efface tour à tour, comme pour mieux résister à l’oubli et affirmer sa place dans un monde artistique en constante évolution.
De son côté, Mahefa avait déjà réalisé plusieurs œuvres bien avant le 25 septembre 2025. Pourtant, les événements récents semblent leur avoir donné une résonance nouvelle, comme si elles avaient pressenti ce qui allait survenir. Aujourd’hui, elles entrent en dialogue avec l’actualité du pays. L’artiste utilise des matériaux porteurs d’histoires tels que des cartons griffés par Caipi, du sable ou encore du marc de café, pour évoquer ce qui demeure malgré l’épreuve du temps. Ces matières deviennent alors des traces, la mémoire d’un changement et le témoignage d’une histoire qui se maintient contre l’oubli.
Joachin Michaël




