Le pays attend son Premier ministre depuis quelques heures. Certains avaient d’ailleurs déjà annoncé que ce serait le cas hier mais apparemment l’accouchement est plus difficile que prévu. Comme souvent en politique, les rumeurs vont plus vite que les décisions.
Il faut dire que le contexte n’est pas simple lorsqu’il s’agit de trouver la bonne personne à la bonne place. Les profils existent sans doute. Des personnes compétentes, il y en a certainement. Mais encore faut-il que la fonction permette réellement d’agir. Et c’est là que les choses se compliquent. Le système politique, la complexité des événements, aussi bien au niveau national qu’international, rendent l’exercice du pouvoir bien plus délicat qu’il n’y paraît.
D’où une question qui mérite d’être posée, si nous avons vraiment besoin d’un Premier ministre, à quoi sert-il exactement aujourd’hui ? Ces dernières années, beaucoup ont eu l’impression que ce poste relève davantage de la figuration que d’un véritable centre de décision. Officiellement, le Premier ministre reste le numéro un de l’administration. C’est lui qui coordonne l’action du gouvernement, supervise les ministères et assure la mise en œuvre des politiques publiques. Sur le papier, la fonction est donc stratégique.
Dans la pratique, pourtant, les grandes décisions semblent souvent se prendre ailleurs, du côté de la Présidence. Ce n’est un secret pour personne. Dans ces conditions, la marge de manœuvre du Premier ministre peut paraître limitée. À cela s’ajoute un autre élément, c’est que le pays traverse une période de transition politique. Dans un tel contexte, les prises de position sont donc prudentes.
Tout cela ne signifie pas que la fonction soit inutile. Loin de là. Un Premier ministre peut jouer un rôle essentiel dans l’organisation de l’État, dans la coordination de l’action publique et dans la gestion quotidienne des affaires du pays. Mais il faut peut-être aussi ajuster les attentes.
Cela étant, le Premier ministre qui sera nommé héritera d’une tâche difficile. Et si miracle il y a, il viendra sans doute davantage de la constance et du travail patient que d’une simple nomination.
Rakoto




