Elections partielles: une réforme du système électoral s’impose

La décision du Conseil d’Etat d’annuler les résultats des élections du maire dans la capitale et d’ordonner l’organisation d’élections partielles, relance le débat sur la défaillance du système électoral à Madagascar. Face à cette situation, le groupe Panorama appelle à une réforme en profondeur des mécanismes d’organisation des scrutins, affirmant que les dysfonctionnements risquent de se répéter, sans véritable changement structurel.

L’avis de la HCC relatif au remplacement des membres démissionnaires de la Ceni, après constatation de la vacance de postes, laisse penser que les élections partielles pourraient avoir lieu dans les prochains mois, c’est-à-dire avant la fin de la concertation nationale et le référendum sur la nouvelle Constitution.
Mais dans une décla­ration d’Ignace Ramasy Randriani­rina hier, le groupe affirme que l’organisation d’élections partielles dans l’état actuel des choses, reviendrait à ré­pé­ter les erreurs qui ont conduit à l’annulation du scrutin.
Et cible des critiques, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Le groupe Panorama estime que cet organe ne remplit pas les conditions d’indépendance et de crédibilité nécessaires
à l’or­ganisation d’élections transparentes. Il dénonce la politisation de la commission, dont plusieurs membres sont issus de partis politiques, ne garantissant sa neutralité, selon lui.
La question des compétences techniques, est également soulevée. Le groupe pointe du doigt la loi 2015-020 régissant l’organisation électorale, qui écarte du processus les administrateurs civils et les magistrats, considérés comme garants de l’expertise administrative et juridique.
Concertation rapide

A ces critiques s’ajoute la question de l’indépendance financière de la Ceni. Pour le groupe Panorama, les contraintes budgétaires et institutionnelles limitent l’autonomie de la commission et nuisent à son efficacité. Un constat également partagé par les observateurs internationaux, dont ceux de l’Union européenne. Ces différents facteurs ont progressivement contribué à éroder la confiance d’une partie de la population dans le système électoral.
Dans cette optique, le groupe plaide pour que le processus de la concertation entre l’ensemble des acteurs politiques, soit accéléré, afin d’engager une réforme globale. Celle-ci devrait, selon lui, s’articuler autour de trois axes principaux, à savoir l’adoption d’une nouvelle loi électorale unique, claire et stable, la mise en place d’une nouvelle liste électorale plus fiable et transparente ainsi que d’une structure neutre chargée d’organiser les élections.

Tivo Rasam

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