Littérature : Miora Rakotomalala en résidence au Burkina Faso

Lauréate de la troisième édition de la résidence littéraire Lakalita, l’écrivaine malgache Miora Rakotomalala, connue sous le nom de plume Mi Ravao, séjourne ce mois-ci à Ouagadougou (Burkina Faso), pour un agenda chargé comprenant conférences, séminaires de développement personnel, ateliers d’écriture, ainsi que rencontres et échanges avec le public. Interview.

*Les Nouvelles : Parlez-nous de votre parcours en tant qu’auteure ?

– Miora Rakotomalala : J’écris en malgache, en français et en anglais pour offrir une vision complexe et hu­maine de Madagascar. Mon travail, centré sur la résilience, l’amour et l’injustice, explore des récits souvent marginaux. C’est le cas de la nouvelle «Ce sera vite oublié», sélectionnée pour une anthologie après un atelier d’écriture au Ghana en 2024 et de «Under the Silence of the Gold», lauréate du concours Narra­tives Against Poverty in Afri­ca en 2025. Lauréate de la ré­si­dence Lakalita 2026 à Oua­gadougou, je travaille sur mon roman «Les dits commandements», une réflexion sur la morale et la justice. En parallèle, je m’engage dans le secteur humanitaire, notamment pour l’inclusion et les droits des personnes handicapées.

*Pouvez-vous justement nous en dire davantage sur cette résidence littéraire ?
– Organisée à l’initiative de la maison d’édition Laka­lita à Ouagadougou – Bur­kina Faso, la Résidence littéraire s’impose, depuis sa première édition en mars 2022, comme un espace privilégié dédié à la création, à la réflexion et au rayonnement des voix féminines en littérature. Organisée tous les deux ans, elle accueille, durant le mois de mars, des auteures qui bénéficient d’un cadre propice à l’écriture, à la maturation de leur manuscrit et à l’exploration de nouvelles perspectives littéraires. C’est dans cette dynamique que la maison d’édition a lancé, le 30 juillet 2025, l’appel à candidatures pour la troisième Ré­sidence littéraire sous le thème : « Dire la femme par l’écriture ». Après une mobilisation d’écrivaines de divers horizons, le jury a sélectionné Awa Ouédraogo, du Burkina Faso, et moi-même.

*Vous avez également participé au Colloque international sur le thème de la lit­térature féminine africaine…
-Cette importante rencontre, qui s’est déroulée du 9 au 10 mars, à l’université Joseph Ki-Zerbo, amphithéâtre Baka­ry Coulibaly d’Ouaga­dou­gou, a réuni des chercheurs, écrivains, universitaires, critiques et passionnés de littérature du continent. Le colloque a visé à contribuer à la réflexion sur la place du féminin dans les littératures africaines. Il tend à interroger les perceptions, analyser les évolutions narratives et mettre en lumière l’apport des femmes dans la construction des imaginaires littéraires contemporains. En tant que lauréate de la Résidence d’écriture Laka­lita 2026, j’ai pu apporter un regard critique sur la place de la voix féminine dans la littérature contemporaine, mais aussi sur la société et les perceptions de la femme concernant la société en générale.

Recueillis par Joachin Michaël

Partager sur: