Entre ouverture et continuité, le gouvernement Rajaonarison, le deuxième du régime de la refondation, compte 13 nouvelles têtes et 17 ministres reconduits, dont certains sont vivement contestés et au centre des polémiques ces derniers temps.
La nomination des membres du gouvernement a été attendue hier vers le début d’après-midi. Finalement, elle n’a eu lieu que vers la fin de la soirée. Des entretiens marathon, qui se sont poursuivis jusqu’à 18 heures, expliqueraient ce retard, selon des indiscrétions. Les traits tirés du président Michael Randrianirina et du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison à l’annonce du gouvernement, trahissent d’ailleurs les pressions que les têtes de l’Exécutif ont subi ces derniers jours.
A un détail près, les ministres de la souveraineté nationale retrouvent leur poste. C’est le cas du ministre des Forces armées, le général Maminirina Ely Razafitombo et celui de la Sécurité publique, l’inspecteur général de police Erick Michel Wouli Soumah Idrissa. Comme Lylison de René à l’Aménagement du territoire et service foncier, ils ont réussi leur mission à la tête de leur département respectif.
Stabilité
Malgré le retentissement de l’affaire concernant l’enfant décédé à cause du Mpox vers fin février et la revendication du personnel de la santé de ne plus la reconduire pour diverses raisons, le Dr Monira Managna a été reconduite au ministère de la Santé, contre toute attente.
Victimes de campagnes de dénigrement selon leur partisans, ayant défrayé la chronique sur les réseaux sociaux, Fanirisoa Ernaivo et Gascar Fenosoa retrouvent également leur siège au département de la Justice et celui de la Communication et de la culture. Comme signe de continuité, le grand argentier de l’Etat reste le Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison alors que Me Hanitra Razafimanantsoa se chargera toujours de la Refondation de la République.
Une surprise, Christine Razanamahasoa n’est plus le chef de la diplomatie malgache. Pressentie comme nouvelle ambassadrice de Madagascar à Paris, l’ancienne présidente de l’Assemblée nationale et ancienne ministre de la Justice est remplacée par une diplomate de formation, en la personne d’Alice N’Diaye. Cette dernière a occupé le poste de directrice auprès du secrétariat général de la Commission de l’océan Indien avant sa nomination.
Changements et ouverture
Loué pour son efficacité, Ny Ando Jurice Ralitera ne dirigera plus le ministère de l’Energie et des Hydrocarbures. Radonirina Lucas Rabearimanga, directeur des Etudes et opérations au sein de l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), probablement choisi pour faire face à une éventuelle crise pétrolière à cause du contexte mondial, le remplace.
Concernant les nouvelles têtes, on retrouve Todisoa Andriamampandry, député du Tim, nommé ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle. Le président du Syndicat des agents de la douane (Sempidou) ainsi que de La Solidarité syndicale de Madagascar (SSM) hérite également du ministère du Transport et de la météorologie.
Pour les restes, le président de la refondation et le Premier ministre ont privilégié des profils de techniciens, notamment à l’Education nationale, à l’agriculture, à l’élevage, et à la pêche et économie bleu.
Règles non négociables
Lors de son discours, le président Michael Randrianirina a affiché une ligne claire : instaurer une gouvernance fondée sur la rigueur, l’intégrité et la responsabilité. A travers ses déclarations, le chef de l’État entend imprimer sa marque et affirmer son autorité à la tête de l’Exécutif.
Il a insisté sur les critères ayant guidé la nomination des membres du gouvernement. Patriotisme, intégrité, engagement dans la lutte contre la corruption, mais aussi leadership et vision sont non négociables. Une manière pour lui de souligner que la composition de l’équipe gouvernementale relève d’un choix réfléchi, axé sur les valeurs autant que sur les compétences.
En outre, le président justifie la non-reconduction des 13 ministres comme une volonté d’ouverture à d’autres entités. Dans un message sans équivoque, il a indiqué les règles auxquelles devront se conformer les ministres. L’inefficacité et la corruption entraîneront immédiatement la démission, et des poursuites judiciaires pourront être engagées en cas de manquement grave.
Dans cette perspective, chaque ministre devra également procéder à une déclaration de patrimoine avant sa prise de fonction. Une mesure destinée à renforcer la transparence et à prévenir les dérives, tout en envoyant un signal fort à l’opinion publique.
Le président Michael Randrianirina, a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une cohésion sans faille au sein de l’équipe gouvernementale, fondée sur la solidarité, la discipline et le respect des décisions. Une exigence qui traduit sa volonté de garantir une action publique cohérente et efficace.
Tivo Rasam




