Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a convoqué l’ensemble des membres du gouvernement à une séance de travail à huis clos à Ampefy, depuis hier jusqu’à dimanche. Une occasion de se mettre au diapason et d’accorder les violons face aux multiples défis et aux attentes de la population.
Nommé le 16 mars, le chef du gouvernement a affiché sa priorité claire : constituer rapidement son équipe. Prévue en cinq jours, la formation du gouvernement aura finalement nécessité dix jours, révélant des désaccords, notamment autour de la reconduction de figures influentes de l’ancien exécutif, selon certaines indiscrétions.
Ce rendez-vous revêt donc une dimension hautement politique, après les pressions subies lors de la formation du gouvernement. Il permettra également de mettre tout le monde sur la même longueur d’onde.
Cohésion
En convoquant ce conclave, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison entend désormais mettre au clair certaines choses et imposer sa ligne. L’objectif est d’asseoir son autorité sur une équipe dont la cohésion reste à prouver.
Lors de l’annonce du gouvernement, le président Michael Randrianirina avait lui-même tenu à rappeler fermement les règles du jeu, insistant sur l’importance de la solidarité gouvernementale et mettant en garde contre toute dérive individualiste. Un discours révélateur d’un climat interne tendu, où les luttes d’influence semblent avoir pesé lourdement dans la nomination des ministres.
Face à cette situation, le conclave d’Ampefy apparaît comme une étape importante, avant toute chose. Il doit permettre de définir la règle de conduite, la méthode de travail et les objectifs à atteindre, dans les règles de l’art. Réputé pour son pragmatisme et son intransigeance, le Premier ministre a aussi insisté lors de sa prise de fonction qu’il exige « des indicateurs de résultats et non des indicateurs d’activité pour chaque ministère ».
Les défis à relever sont d’ailleurs nombreux entre urgences sociales, tensions sur les produits de première nécessité, crise énergétique, sécurité, reconstruction après le passage du cyclone Gezani, sans oublier les enjeux de la Refondation.
Volonté de transparence
Le chef du gouvernement entend également imposer un cadre de gouvernance. « Le président m’a nommé, grâce à mon expérience dans la lutte contre la corruption. Et, la lutte contre les crimes organisés est une priorité du gouvernement. La corruption, le détournement de biens publics, le pillage des richesses nationales en font partie », a-t-il rappelé lors de la présentation du rapport 2025 du Bianco, le 26 mars.
Les ministres devront ainsi être au-dessus de tout soupçon. La déclaration de patrimoine des ministres auprès de la Haute cour constitutionnelle (HCC) s’inscrit dans cette volonté de transparence. Un signal fort, renforcé par les avertissements du chef de l’Etat. « L’inefficacité et la corruption entraîneront immédiatement la démission, et des poursuites judiciaires pourront être engagées en cas de manquement grave », a indiqué le président Michael Randrianirina.
Tivo Rasam




