A Madagascar, le travail des enfants touche près d’un enfant sur deux, soit entre 43% et 47% des mineures âgés de 5 à 17 ans, selon les chiffres partagés par Génération Mada, une organisation qui lutte pour l’autonomisation des jeunes, afin qu’ils deviennent des acteurs du changement durable à Madagascar. Cela à l’occasion de la célébration hier 12 juin, de la Journée mondiale de lutte contre le travail des enfants. De son côté, l’Organisation internationale du travail (OIT) a sorti en 2025 que parmi ces enfants qui travaillent, 32% d’entre eux seulement cumulent à la fois emploi et école si le reste n’est pas scolarisé.
La grande précarité des ménages ainsi que les lacunes du système éducatif au pays, à l’exemple de l’insuffisance des infrastructures scolaires, les coûts indirects de la scolarisation et l’absence de cantines scolaires, sont à la source de ce fléau social. Les principaux secteurs d’exploitation des enfants sont les mines, notamment dans le Sud du pays, l’agriculture et l’élevage en milieu rural, le travail domestique, le commerce informel ainsi que l’exploitation sexuelle à des fins commerciales.
Un plan national en cours de finalisation
Ce contexte a conduit Madagascar à élaborer son plan national 2025-2040, afin d’intensifier la lutte contre le travail des enfants. Porté par le ministère du Travail, de l’emploi, et de la fonction publique, avec l’appui de l’Unicef et de l’OIT, ce plan est le fruit d’un processus participatif lancé en octobre 2024 où des consultations dans toutes les régions ont permis d’intégrer les réalités locales ainsi que les contributions des ministères concernés, sans oublier les partenaires techniques et financiers.
Actuellement en cours de finalisation, ce plan adopte une approche intégrée, tenant compte des réalités régionales ainsi que des responsabilités de chaque ministère, où l’accent est mis sur la création d’emplois décents pour les parents, le renforcement des politiques sociales et éducatives, ainsi que l’amélioration de l’environnement économique. « On lance un appel pour une mobilisation collective pour faire de ce plan une véritable feuille de route nationale au service de l’enfance », a souligné à ce sujet l’OIT.
Recueillis par Sera R.




