Attendu la semaine passée, suite à l’annonce faite par le colonel Michaël Randrianirina, lors de la réunion préliminaire du 3 juin entre les autorités de la Refondation et le Conseil des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), le comité technique de la Primature chargé de coordonner la concertation nationale, n’a pas encore été mis en place. Alors que cette structure devrait jouer un rôle central dans l’organisation du processus en définissant les modalités de ce rendez-vous d’envergure nationale ainsi que du calendrier.
Le processus de la Concertation nationale, déjà reporté deux fois, reste toujours en suspens. Le Comité technique que la Primature a prévu de mettre en place la semaine dernière, ne voit pas encore le jour. Et l’opinion publique commence à se poser des questions au sujet de ce retard qui suscite des inquiétudes. Pour dire que le début de la Concertation nationale très attendu par plus d’un, est décalé à une date ultérieure. D’après le calendrier, la Concertation nationale devait en effet démarrer dès le mois de mai.
Mais pour de nombreux observateurs, il ne faut pas se précipiter pour faire les choses. Ce retard est avant tout dû au changement de méthode intervenu lors de la rencontre du 3 juin. Sous la conduite du président du Conseil des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), Mgr Samoela Jaona Ranarivelo, les chefs d’Eglises ont reçu de consignes de l’Exécutif, pour revoir le processus basé davantage sur le dialogue et le consensus.
De nombreux acteurs politiques, pour ne citer que l’ancien président de la République Marc Ravalomanana, perçoivent favorablement cette évolution. Jusque-là, ils reprochaient effectivement aux autorités une démarche trop unilatérale. Le retard actuel serait ainsi le prix à payer pour construire un cadre de concertation plus inclusif et plus crédible.
Concertations régionales
Le changement d’attitude de la société civile semble confirmer cette lecture. Avant la réunion du 3 juin, plusieurs organisations refusaient de s’engager dans les concertations régionales, estimant qu’elles risquaient de cautionner un processus dont elles contestaient les fondements. Depuis, la dynamique a changé.
Le lancement des concertations régionales de la société civile dans les régions Sofia et Amoron’i Mania, prévu du 16 au 18 juin, constitue un premier signe concret de cette adhésion progressive. Pour les organisateurs, cette participation traduit la confiance dans une démarche désormais portée par davantage de concertation entre les différentes parties prenantes.
Finalement, la mise en place du comité technique de la Primature demeure une étape incontournable pour passer du consensus de principe à l’organisation effective des consultations nationales. Si le calendrier accuse du retard, les partisans de la nouvelle approche estiment néanmoins qu’une véritable inclusivité vaut mieux qu’une précipitation susceptible de fragiliser l’ensemble du processus.
Tivo Rasam




