Afin d’améliorer la prise en charge du paludisme grave chez l’enfant, grâce à l’artésunate recto-capsule administrée par voie rectale, l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM), vient de lancer la semaine dernière le projet « Operationalize the implementation of the pre-referral rectal artesunate treatment at community level in Madagascar (Operas) » dans le district de Manakara.
«Ce projet permet de réduire la mortalité des enfants à Manakara et d’améliorer la prise en charge du paludisme au niveau des centre sanitaires et des sites communautaires, à travers le renforcement des compétences des agents de santé et la sensibilisation de la population», s’est exprimée la représentante de la direction régionale de Fitovinany, le docteur Martine Hanitriniaina Zafindrabe, au lancement d’Operas.
Dirigé par le Dr Benoît Witkowski, ce projet est financé par Expertise France, en collaboration avec l’Institut Pasteur de Paris et le ministère de la Santé publique, à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Administré dans un premier temps par les Agents communautaires (AC) de santé, le traitement permet de réduire significativement le délai avant la prise en charge hospitalière, « un facteur déterminant dans la survie des patients », a souligné l’IPM.
La première inclusion de participant, a été réalisée à l’hôpital de la FMA. Depuis, 64 malades ont déjà été enregistrés, marquant une étape décisive dans le déroulement.
La concrétisation de ce projet, s’accompagne d’une forte mobilisation des acteurs de terrain. Dans cette optique, 44 sites ont été ouverts dans l’ensemble du district, dont 43 Centres de Santé de Base (CSB) et l’hôpital privé de la Fondation Médicale d’Ampasimanjeva (FMA). En parallèle, 88 personnels de santé et 630 AC ont été formés afin d’assurer la mise en œuvre du protocole et le suivi des cas. Une cohorte à l’échelle du district et une étude anthropologique dans deux communes, complètent le dispositif, permettant d’analyser les parcours de soins et les comportements de recours face aux formes graves du paludisme.
« Le résultat d’un important travail de plaidoyer, de formation et de sensibilisation mené auprès des autorités locales et communautaires », a noté l’IPM.
Recueillis par Sera R.




