Concertation nationale: « Écouter avant de décider, comprendre avant de critiquer »

Le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) veut faire de la concertation nationale un espace ouvert à tous les Malgaches dans le cadre du processus de refondation du pays. La Coordination nationale prépare le déploiement des consultations à la base, qui concerneront les 19 400 fokontany du pays avant la remontée des propositions aux niveaux communal, districal et provincial.

Dans une déclaration lue par Mgr Samoela Jaona Ranarivelo, président du FFKM, l’organisation précise l’approche qui doit guider cette démarche. « Écouter avant de décider, chercher à comprendre avant de critiquer, dialoguer avant de se confronter et privilégier l’intérêt commun avant l’intérêt particulier », indique la déclaration. L’institution appelle ainsi les citoyens à placer l’intérêt collectif au centre des échanges.
Le FFKM présente la con­certation nationale comme une affaire qui concerne l’ensemble du pays, et non les seuls responsables religieux ou l’État. Chaque citoyen est appelé à y prendre part dans un cadre ouvert, transparent et impartial.
Le président du FFKM insiste également sur la nécessité de changer les mentalités. « La mentalité est la première chose qui doit changer, et le développement du pays suivra naturellement lorsque nous saurons respecter les opinions des autres », a-t-il ajouté.
Le processus suivra plusieurs étapes. Les représentants désignés au niveau des fokontany participeront aux consultations communales. Ceux des communes poursuivront les échanges au niveau des districts, avant leur transmission aux provinces. Les Malgaches établis à l’étranger seront également associés à la démarche.
La Coordination nationale indique que l’essentiel des outils nécessaires est déjà prêt. Le guide méthodologique et la feuille de route s’appuient sur quatre principes : reconnaissance des fautes, repentance, vérité et réconciliation. Un dispositif numérique permettra également de recueillir et de centraliser les propositions de la population.
Quelque 470 formateurs ont déjà été formés à travers le pays. Vingt-quatre responsables de projet et 88 représentants du FFKM, couvrant les 44 sous-régions de l’organisation, ont également été désignés et formés.
La prochaine étape con­siste à sélectionner les personnes qui interviendront directement sur le terrain. L’appel à candidatures est ouvert aux Malgaches disposés à travailler bénévolement, avec intégrité et im­partialité. Trois fonctions seront assurées à la base : facilitateur, secrétaire et responsable du matériel.
La formation pilote a débuté ce jour et se poursuivra jusqu’au 30 octobre. Six districts, à raison d’un par province, ont été retenus pour cette première phase : Mahajanga II, Manakara, Moramanga, Toliara I, Sam­bava et Miarinarivo. Les sessions se dérouleront selon un calendrier propre à chaque district.
Cent vingt tablettes seront utilisées durant cette phase pilote. Après l’arrivée des
5 200 équipements que la Primature s’est engagée à fournir à la fin du mois d’octobre, la formation se poursuivra dans les 114 districts restants, avant le lancement des consultations dans les 19 400 fokontany.
Pour le FFKM, la Refon­da­tion ne doit pas se limiter à une réforme des structures et des institutions. Elle doit également intégrer les di­mensions morale, sociale, citoyenne et spirituelle, avec l’objectif de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

S. Andraina

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