Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, écarte la perspective d’un autre dialogue politique. « Les problèmes qui se sont posés ici étaient d’ordre social et non politique. Il n’y aura donc pas de dialogue politique tel que certains le souhaitent », a déclaré le colonel à l’église catholique Saint-Paul d’Antsohihy.
Cette déclaration intervient à la veille de la présentation d’une charte d’engagement en faveur du dialogue politique par le Vovonana Miaro ny Fanovana Miatrika ny Repoblika Vaovao (VMFR). Cette plateforme préconise l’ouverture d’un dialogue devant déboucher sur un accord politique concernant la conduite de la transition et le processus de Refondation. Pour le VMFR, cet accord devrait précéder toute éventuelle recomposition gouvernementale.
La divergence porte donc moins sur le principe du dialogue que sur sa finalité. Ces derniers mois, le colonel Randrianirina a lui-même engagé des consultations auprès des formations politiques, dont d’anciens chefs d’Etat. Mais cette démarche vise principalement à rechercher un consensus sur la gouvernance électorale et les conditions d’organisation des prochaines élections.
Mise en garde
En août et septembre, le président de la Refondation avait ainsi expliqué que ces échanges devaient permettre de rapprocher les positions des responsables politiques afin d’accélérer le retour aux urnes. Les discussions ont essentiellement porté sur la préparation des prochaines échéances électorales et les garanties nécessaires à leur crédibilité. L’objectif est de parvenir à des positions communes sur le processus électoral, sans nécessairement ouvrir des négociations sur un nouvel accord de partage ou d’exercice du pouvoir.
A Antsohihy, le colonel Randrianirina a également mis en garde contre certaines personnes qui prépareraient, selon lui, des déclarations susceptibles de perturber la concertation nationale conduite sous l’égide du Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM). Ces déclarations sont-elles une réponse directe à l’initiative du VMFR ?
En tout cas, le régime a donné un mandat à une institution qui se prépare à une concertation nationale depuis une décennie.Il croit fermement à cette option au point de reléguer au second plan le ministère chargé de la Refondation.
En outre, le président de la Refondation a insisté sur les revendications sociales ayant accompagné le mouvement de septembre 2025. «Les responsables publics doivent changer leurs méthodes de travail, combattre la corruption et prendre conscience de la pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population», a-t-il insisté pour rappeler que la Refondation doit répondre prioritairement aux aspirations sociales qui ont porté le mouvement populaire.
Tivo Rasam





