Assemblée nationale: une deuxième session ordinaire à hauts risques !

La deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale, qui s’ouvrira ce 20 octobre, pourrait réserver bien des surprises. Outre l’examen du projet de loi de finances initiale pour 2027, les ambitions affichées par Vovonan’ny fihavaozan’i Madagasikara (VFM), alimentent déjà les spéculations sur une éventuelle recomposition du Bureau permanent. Cette perspective pourrait fragiliser la position de Siteny Randrianasoloniaiko à la présidence de l’institution.

La deuxième session ordinaire devrait être essentiellement consacrée à l’examen et à l’adoption du projet de Loi de finances initiale. Mais au vu du contexte actuel, des surprises ne sont pas à écarter et pourraient venir du VFM, une plateforme politique regroupant des députés élus sous les couleurs de l’ancienne majorité présidentielle. Avec ses 87 parlementaires sur les 163 que compte l’Assemblée nationale, cette
formation disposerait d’une majorité absolue susceptible de peser sur les rapports de force à Tsimbazaza.
L’offensive politique menée ces dernières semaines par Pety Rakotoniaina, vice-président du VFM, ne passe pas inapeçue. Le député d’Ikalamavony multiplie les prises de position en faveur du régime de la Refondation, affichant son soutien au président Michaël Randrianirina. Il défend également la légitimité des députés associés à l’ancien régime, régulièrement accusés d’opportunisme politique de­puis leur rapprochement avec le nouveau pouvoir. Une démarche que certains observateurs interprètent comme une tentative de renforcer la légitimité politique du VFM, en vue d’une éventuelle conquête du perchoir.
L’hypothèse d’un changement à la tête de l’Assemblée na­tionale, ne date pas d’aujourd’hui. Des rumeurs concernant une éventuelle destitution du Bureau permanent circulaient déjà avant la session extraordinaire du 25 août au 4 septembre.
109 voix

Selon des indiscrétions, les ambitions politiques manifestées par certains, serait également à l’origine de tensions entre Pety Rakotoniaina et des partisans de la première heure du régime de la Refon­dation, dont Anthelme Ramparany. Ce dernier évoquait même un complot visant la destitution du président de l’Assemblée nationale Siteny Radrianasoloniaiko, d’autant que sur le plan juridique, la décision n°10-HCC/D3 du 14 octobre 2025 de la Haute Cour constitutionnelle ne confère pas une immunité aux membres du Bureau permanent de l’Assemblée nationale, contrairement au président de la Refondation et au gouvernement.
La possibilité de remettre en cause la direction de l’institution est toutefois encadrée. Le Règlement intérieur de l’Assem­blée nationale prévoit une majorité des deux tiers des députés et l’existence d’un motif grave pour démettre les membres du Bureau permanent. Même avec 87 députés, le VFM ne dispose donc pas à lui seul des 109 voix correspondant aux deux tiers des 163 sièges. Une éventuelle offensive contre le Bureau permanent nécessiterait donc des soutiens supplémentaires.
Par ailleurs, une conquête du perchoir par le VFM soulèverait une question politique particulièrement sensible. Pour les militants de la première heure, notamment au sein de la mouvance Gen Z, l’idée de voir des parlementaires associés au régime d’Andry Rajoelina prendre davantage de responsabilités au sommet des institutions, est difficilement conciliable avec les aspirations qui ont porté les mobilisations de septembre et octobre 2025.D’ailleurs à maintes reprises, la dissolution de l’Assem­blée nationale, considérée comme l’une des institutions héritées de l’ancien pouvoir, a été réclamée.

Tivo Rasam

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