On constate une flagrante non-observation aux lois en vigueur dans le secteur de la médecine traditionnelle. Les publicités mensongères ne cessent de se multiplier à travers les différents canaux de communication, en particulier les réseaux sociaux. Le ministère de tutelle, en partenariat avec les vrais tradipraticiens, entend renforcer la loi régissant le secteur pour mettre fin à ces pratiques qui constituent un danger pour la santé publique.
La promotion des soi-disant remèdes miracles se fait clandestinement. «Les médias et les réseaux sociaux sont devenus des supports de communication privilégiés pour cette pratique qui n’est pas conforme à la loi en vigueur et ne respectent pas l’éthique dans la pratique de la médecine traditionnelle», a soulevé le Dr Andriamihaja Ratovoson, chef de service en charge des tradipraticiens et des plantes médicinales au sein du ministère de la Santé publique. C’était à l’occasion de la cérémonie d’ouverture officielle de l’Assemblée générale (AG) de l’Association des tradipraticiens de Madagascar (Astrama), qui s’est tenue durant hier au Kianjan’ny Kanto Mahamasina.
Ce responsable de rappeler que «Les publicités sur la pratique de la médecine traditionnelle, tout comme les remèdes traditionnels, sont interdites et punies pas la loi. Des sanctions proportionnelles aux infractions commises sont définies dans le Code de communication médiatisé». Mais la pratique ne cesse de proliférer.
Certes, «Il est du devoir du ministère de tutelle de faire respecter la loi en vigueur pour mettre fin à cette situation qui met en danger la santé publique», reconnait notre source. Cependant, ce département ministériel a lancé un appel aux citoyens pour qu’ils prennent part à cette lutte à travers le signalement des cas de non-respect de la loi dans le domaine de la médecine traditionnelle. Cet appel s’adresse également aux membres de l’Astrama, qui sont incités à dénoncer les irrégularités dans le métier de tradipraticiens.
Nouvelle loi en gestation
Pour mieux cerner ce problème, les deux ministères concernés, la Santé publique ainsi que la Communication et la culture, s’attèlent actuellement à l’élaboration d’un projet de loi régissant les publicités dans le secteur de la médecine traditionnelle. Tous les volets, notamment celui relatif à la diffusion d’informations et de publicités dans les médias et sur Internet, seront abordés dans cette proposition de loi.
Sur ce sujet, le président de l’Astrama propose l’insertion de mesures répressives pour les publicités mensongères et les mauvaises pratiques dans le domaine de la médecine traditionnelle dans la loi sur la cybercriminalité. Pour lui, «les conséquences de tels actes irréguliers impactent non seulement la santé publique, mais également l’économie et la culture. Toujours est-il que la médecine traditionnelle fait partie intégrante de la culture malgache ».
Fahranarison




