Cnaps: les partenaires sociaux condamnent « la prise en otage des cotisants »

Cette grève « illégale » qui a trop duré au détriment des cotisants, n’est pas vue d’un bon œil par les partenaires sociaux de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps). Ces derniers condamnent « la prise en otage des cotisants » et réclament la reprise des activités, sans condition.

Dans une déclaration com­mune signée et rendue publique, hier au siège du Groupement des entreprises de Madagascar (Gem) à Ambohijatovo, ces partenaires sociaux, entre autres, les groupements professionnels des employeurs (GEM, Fivm­pama, GEFP…) et les syndicats des travailleurs (Confé­rence des travailleurs de Ma­dagascar – CTM…), pointent du doigt les tergiversations des grévistes qui perturbent le fonctionnement de la Cnaps depuis le 30 juin. Ils qualifient cette « grève illégale tant sur le fond que sur la forme »,
Afin de ne pas pénaliser les cotisants, le Gem, le Fivm­pama le GEFP et la CTM
« demandent l’ouverture sans restriction et sans condition des bureaux et l’accès des usagers aux services de la Cnaps ». Ils appellent aussi les autorités à « prendre les mesures relevant de leur compétence qui contribuent à cette reprise d’activité ».
« Tout en comprenant certaines inquiétudes du personnel, les partenaires sociaux déplorent qu’elles aient été exprimées dans le cadre d’une grève illégale tant sur le fond que sur la forme et condamnent la prise en otage des cotisants, notamment les travailleurs et les retraités qui ont rencontré des difficultés ou n’ont pas été en mesure de déposer les pièces justificatives de maintien des droits et autres documents requis par la Cnaps et s’inquiètent de ne pas pouvoir percevoir leurs prestations à temps », a déclaré au nom des partenaires sociaux, Thierry Rajaona, président du Gem.
Créances de la Cnaps

Ces groupements patronaux et syndicats rappellent que la Cnaps est un organisme de prévoyance sociale gérant les régimes de protection sociale au bénéfice des travailleurs salariés. La Caisse
« tire ses ressources des cotisations des employeurs et des travailleurs affiliés et ne reçoit pas de subvention de l’Etat », précisent-ils.
Le recouvrement des créances de la Cnaps qui constituent près des deux tiers
de dettes d’établissements à participation de l’Etat, figure parmi les points de revendication des grévistes.
A ce sujet, Noro Andria­ma­monjiarison du Gem et non moins membre du CA de la Cnaps, a souligné que ce problème de recouvrement re­monte bien avant 2022. « Parmi les débiteurs de la Cnaps, dont le Centre de loisir à Vontovorona, Air Madagascar, l’hôtel Cinq étoiles, Seimad, MGH ou encore la Secren, seule la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) paye ses dettes, suivant l’échéancier établi », confirme-t-elle.

Refonte du Code de prévoyance sociale

Les partenaires sociaux attirent ainsi l’attention sur l’urgence de la refonte du Code de prévoyance sociale qui selon eux, doit se faire en conformité avec les dispositions du « Socle juridique applicable aux organismes de prévoyance sociale des Etats mem­bres de la Conférence interafri­caine de la prévoyance sociale (Cipres) » dont Madagascar, adopté par le Conseil des mi­nistres de la Cipres, à An­ta­nanarivo le 12 décembre 2019.
« Cette convention stipule particulièrement que la gestion des organismes de prévoyance sociale relève du ressort des em­ployeurs et des employés. Ce qui n’est pas le cas pour la Cnaps actuellement », déplore Thierry Rajaona.

Arh.

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