Pour bien marquer sa première année d’existence, l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (Arai) a présenté son bilan. Evidemment, tout le monde s’attendait plus ou moins à de grandes révélations à l’issue de ce premier exercice et qu’on allait mettre à nu d’importantes malversations. Mais finalement, tous ceux qui se sont attendus à d’importantes révélations sont restés sur leur faim.
En tout et pour tout, outre les 185 véhicules présumés acquis illicitement et conservés par l’Arai ou par leur propriétaire (c’est selon le cas), l’Agence a fait état du gel de 361 comptes bancaires pour un montant total de près de 6 milliards d’ariary. Ce qui donne finalement une moyenne de 16,6 millions d’ariary par compte bloqué, autrement dit des broutilles.
Qu’on le veuille ou non, cela ne représente que la partie visible de l’iceberg, voire juste une infime partie. Tout compte fait, on peut dire que les premières prises de l’Agence n’étaient constituées que du menu fretin. Il faut espérer que les prochaines ressembleront à une pêche miraculeuse et que tomberont dans les filets de l’Arai les gros poissons.
Tout le monde s’accordera à dire que cette somme est insignifiante si l’on tient compte de tous les cas d’enrichissement sans cause qui se déroulent dans le pays. On peut même aller jusqu’à affirmer qu’en toute logique, ce montant ne devrait concerner qu’un seul cas de malversation. Quid des produits de tous les trafics connus ou inconnus, tels que l’or, le bois de rose, la drogue, les personnes… et sans oublier les multiples détournements de deniers publics ?
Or, d’aucuns ignorent que les actions de cette Agence devraient apporter beaucoup de bien à l’Etat. Incontestablement, d’importantes sommes d’argent vont être en jeu. Mais d’après ces premiers résultats, ce n’est pas demain la veille que l’Etat pourra renflouer ses caisses grâce aux actions menées par l’Arai. Si tel est le cas, il faudra trouver d’autres sources de revenus.
Sans vouloir intenter un quelconque procès d’intention à l’Arai, il lui faudra tenir compte des conseils suivants : Autant que faire se peut, il lui faudra éviter toute forme de discrimination, de favoritisme, de copinage… autrement dit, tout ce qui pourra porter ombrage à l’image de l’Agence. Mais le plus dur sera de résister à la corruption car grandes seront les tentations. La moindre bavure, le plus petit dérapage lui serait fatal.
Toutefois, le principal est d’avoir commencé et de persévérer par la suite en vue d’obtenir de meilleurs résultats. Quand on voit tous ces signes de richesse extérieure qui sont étalés de manière ostentatoire et dont l’origine de ces biens mal acquis n’est pas toujours évidente, on ne peut pas manquer de se dire que l’Arai a du pain sur la planche.
Aimé Andrianina




