Trois cas signalés: la Police des Mines, victime d’usurpation de fonction

Des personnes supposées être des hauts responsables, se font passer pour des agents de la Police des Mines et procèdent à des saisies de pierres précieuses fraîchement extraites. Trois cas d’usurpation de fonction et de faux et usage de faux, ont été signalés dans plusieurs régions.

Que ce soit à Boriziny, région Sofia, à Fira­vahana, Tsiroano­man­­didy, région Bongolava ou récemment à Andrano­velona où des pierres de cristal venant de Tsarata­nàna ont été saisies, « le modus operandi des usurpateurs, reste toujours le même. Ces personnes se présentent comme étant des éléments de la Police des Mines. Ils interpellent les propriétaires des pierres, saisissent les marchandises, puis disparaissent, ne donnant aucune suite à l’affaire », relate Haridera Ratonson, directeur de la Police des Mines et des ressources stratégiques (MMRS), hier à Ampandria­nomby.

« Selon les premiers éléments d’enquête, d’après la déposition des victimes les instigateurs de ces escroqueries circulent à bord d’une Toyota V8 », a-t-il ajouté.

Missions

La Police des Mines est composée des éléments de la Police et de la Gendarmerie nationales. Les patrouilles sont toujours mixtes, à l’exception dans certaines localités en raison du faible effectif des agents. Son directeur précise que « nos patouilles sont toujours munies d’un ordre de mission, des badges, des cartes professionnelles. Les agents portent chacun des gilets de la Police des Mines qui les distinguent des autres éléments des forces de l’ordre ».

La Police des Mines, compétente sur le territoire national, effectue des constatations, des saisies et des arrestations concernant des infractions minières au niveau des exploitants, des orpailleurs, des collecteurs, exportateurs, les exploitants… Elle entreprend également des campagnes de sensibilisations avec l’administration minière.

La loi donne la possibilité aux propriétaires des substances minières ou à leurs détenteurs, de recourir à des voix transactionnelles ou le cas échéant, ils seront déférés au parquet. « Dans la plupart des cas, les présumés fraudeurs recourent à la voix transactionnelle », a indiqué notre interlocuteur.

Liquidation, ventes aux enchères

A première vue, des marchandises saisies sont déposées dans la cours des locaux de la Police des Mines à Ampandrianomby. Sans avoir indiqué la quantité exacte de ces pierres, le directeur a cependant assuré que « la Police des Mines est sur le point de finaliser les procédures de liquidation, via des ventes aux enchères publiques ». La majorité des substances minières saisies sont des pierres industrielles et semi-précieuses (ammonites, béryllium, corindons, quartz roses, malachites, agates…). Certaines de ces pierres sont entreposées là depuis 2015.

Par contre, depuis le vol des 36 kg d’or et de pierres précieuses dans les coffres du ministère des Mines signalé en juin 2022, « L’or et les pierres précieuses saisies sont directement déposés à la Banky foiben’i Madagasikara », selon toujours Haridera Ratonson.

Manque d’effectif

Dans l’accomplissement de ses missions, la Police des Mines déplore cependant un manque d’effectif. « Je ne peux vous donner le nombre exact de nos éléments. Ce que je peux vous dire c’est que l’effectif est faible. Nous disposons de 14 éléments issus de la Police nationale. Ceux de la Gendarmerie sont un peu plus nombreux », a souligné le responsable.

« Nous avons déjà formulé des demandes auprès du ministère en charge de la Sécurité publique et du Secrétariat d’Etat en charge de la Gendarmerie, pour étoffer notre équipe. En attendant, nous travaillons de concert avec les unités territoriales de la Police et de la Gendarmerie nationales », a-t-il assuré.

Arh.

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