Une douzaine de journalistes dans la course aux prochaines élections législatives prévues dans quelques semaines. De quoi surprendre plus d’un observateur de la vie politique du pays.
Pour l’ONG Ilontsera en tout cas, « la lutte pour la liberté (de la presse) est une affaire de tous, aujourd’hui comme à l’avenir », souligne-t-elle dans son communiqué de presse relatif à la Journée mondiale de la liberté de presse. Une façon comme une autre pour l’ONG de se demander si ces candidatures de gens de médias vont apporter quelque chose de nouveau au niveau de la Chambre basse, autre que ces “élus de façade”, juste présents pour lever la main lors de l’adoption de lois.
Pour cette ONG en tout cas, cette candidature de journalistes témoigne d’une “volonté de prise de responsabilité”, afin que le métier ne se résume plus aux histoires de “felaka”. L’objectif serait de peser sur l’adoption de la Loi sur l’accès à l’information et la communication publique (LAICP) et l’instauration d’un système de protection pérenne pour les journalistes. Des avancées qui seraient bénéfiques pour l’ensemble de la corporation, quelles que soient les sensibilités politiques, et permettraient d’éviter que la presse ne devienne un simple outil de propagande ou de règlement de comptes. Une représentation qui, selon elle, se généralise face à un environnement journalistique en pleine reconstruction.
Le droit fondamental des citoyens à une information de qualité, doit rester le repère partagé par tous les acteurs, malgré les difficultés socioéconomiques du métier, souligne l’ONG. “Résister, à défaut de les combattre, est déjà une contribution à la quête de liberté de la presse”, estime-t-elle, avant de conclure qu’une liberté est cruciale pour Madagascar qui compte poursuivre la construction de sa jeune démocratie.
Entre métier et engagement politique
La candidature de ces journalistes soulève des interrogations sur leur capacité à concilier leur rôle de parlementaires avec la défense des intérêts de leur profession. Si l’actuelle législature compte déjà quelques élus issus des rangs des médias, leur positionnement est régulièrement critiqué. Bien souvent, ils sont accusés de se ranger derrière des intérêts partisans, plutôt que de se battre pour leur corporation. Une fois au pouvoir, on laisse de côté les principes qu’on défendait avant d’accéder à la place convoitée.
La question se pose donc de savoir si ces journalistes candidats représenteront véritablement un espoir pour l’avenir du journalisme malgache. Comment préserver l’équilibre entre la défense des intérêts de la population dont ils seront les représentants et ceux, plus corporatistes, de leur métier d’origine ? Sauront-ils résister aux sirènes des appartenances politiques pour demeurer la voix de leur profession au sein de la nouvelle Assemblée nationale ?
F.M




