Détournement de cocaïne à Nosy Be : l’enquête montera d’un cran au Pac ce jour

L’ouverture de l’enquête par le Pôle anti-corruption (Pac) d’Antananarivo sur l’affaire de détournement de cocaïne à Nosy Be est attendue ce jour comme une étape nécessaire pour faire toute la lumière sur cette affaire.
Durant les enquêtes, les investigations menées par une cellule de brigade mixte ont permis d’identifier plusieurs suspects, parmi lesquels figurent huit gendarmes et quatre civils. La Cour suprême a relevé des faits de corruption, de détournement de biens saisis et d’abus de pouvoir, ce qui a conduit à sa décision de confier le dossier au Pac d’Antana­na­rivo.
Toutefois, ce transfert soulève des interrogations sur la transparence et l’impartialité du processus, d’autant plus que cela pourrait ouvrir la voie à « d’éventuelles pressions ou manipulations », ont soulevé Maître Manana Alivelo et ses collègues avocats de la défense dans un communiqué.
Sur ce point, ils ont exprimé des doutes sur la transparence du processus. Selon le communiqué, le choix du Pac d’Antananarivo, plutôt que celui de Mahajanga, soulève des questions sur l’impartialité de l’enquête. « Les faits se sont produits à Nosy Be, et les suspects y sont domiciliés. La juridiction de Mahajanga, normalement compétente, aurait dû être saisie », ont-t-ils souligné dans la lettre. Et ils insistent également sur le fait qu’aucune preuve tangible ne justifie l’implication de ses clients. D’après leurs explications, il existe « une volonté manifeste de procéder à l’incarcération systématique des personnes mises en cause, en dépit du manque de preuves à charge ».
Face à ce qu’ils qualifient de vice de procédure, les avocats de la défense réclament la libération immédiate des personnes détenues, estimant que leur implication n’est pas établie de manière probante. « La quantité de cocaïne saisie a été détruite et incinérée devant les autorités compétentes. Nous exigeons une enquête impartiale et indépendante, et appelons à la libération immédiate des suspects, en l’absence de toute preuve de leur implication (…) Et nous insistons sur le respect des principes fondamentaux de justice et d’équité ».

Rakoto

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