Ce qui devait être une opportunité pour les jeunes talents du football malgache, s’est transformée en scandale retentissant.
Le voyage des Barea U17 au Maroc, au mois de janvier dernier, organisé sous l’égide de la Fédération malgache de football (FMF), est aujourd’hui au cœur d’une polémique mêlant escroquerie, trafic de mineurs et abus de confiance. Les révélations, portées par plusieurs sources, dont @BareaFootball sur X, jettent la lumière sur les agissements de certains individus impliqués dans cette tournée.
Selon les informations relayées sur les réseaux sociaux, un certain Yvon, présent lors de ce déplacement au Maroc, aurait exigé la somme exorbitante de 12.000 euros aux parents des joueurs, pour permettre à ces jeunes de poursuivre leur aventure en France. Et celui qui tirer les ficelles, est dénommé, Ali Mohamed, dit « Joma », un personnage déjà connu des autorités françaises pour des faits similaires.
Initialement présenté comme sélectionneur des Barea U17 sur le site officiel de la FMF, le nom d’Oubella a depuis mystérieusement disparu des radars, laissant planer le doute sur sa légitimité et son implication dans cette affaire. Quant à Ali Mohamed, il est accusé d’avoir exercé des pressions sur les jeunes joueurs afin qu’ils ne brisent pas le silence.
A l’origine du transfert de certains internationaux malgaches tels Anicet, Dada et Albert vers la France à l’époque, Joma aurait abandonné en cours de route d’autres malchanceux.
La FMF se défend
Face à ces accusations, la fédération malgache de football a publié un communiqué officiel le 3 avril 2025, se dédouanant de toute responsabilité dans cette affaire.
« La FMF n’a aucun lien, direct ou indirect, avec les faits rapportés », affirme-t-elle, précisant que toutes les démarches financières et administratives liées aux équipes nationales relèvent exclusivement de son autorité ». Elle appelle les parents et les clubs à la vigilance et menace de poursuites toute personne usurpant son identité à des fins frauduleuses.
Pourtant, cette défense peine à convaincre. Comme le soulignent les observateurs, cette sélection portait bel et bien le nom de la FMF, ce qui soulève des interrogations sur la supervision et la transparence de l’organisation.
Comment des individus comme Ali Mohamed ont-ils pu agir en marge d’un événement officiel sans que la fédération ne s’en aperçoive ? La FMF qui se dit engagée pour un « football intègre », devra répondre à ces zones d’ombre pour restaurer la confiance.
Un scandale dans un contexte africain troublé
Ce scandale malgache s’inscrit dans une vague plus large de crises qui secouent les instances du football africain. Ces derniers jours, les arrestations de dirigeants se multiplient sur le continent. En Sierra Leone, le président de la fédération, Thomas Daddy Brima, a été interpellé hier soir par l’agence anticorruption, aux côtés de son secrétaire général et de son directeur financier, à la veille d’un congrès crucial de la SLFA.
Au Burundi, le secrétaire général de la fédération croupit en prison pour des soupçons de soutien au groupe rebelle M23. En Guinée, une motion de révocation vise le président de la Feguifoot, Bouba Sampil, accusé de conflit d’intérêts et de violation du code éthique de la Fifa.
Rakoto