Santé mentale des jeunes: Fabrice Lollia alerte sur les effets néfastes du TikTok

Le chercheur français Fabrice Lollia, installé à Madagascar, tire la sonnette d’alarme. Spécialiste en sciences de l’information et de la communication, il alerte sur les effets délétères de TikTok sur la santé mentale des adolescents.

Son dernier article, pub­lié sur la plateforme scientifique «The Con­versation», résume des an­nées de recherches et vient compléter son ouvrage paru le 5 juin 2025 aux Editions Européennes Universitaires : «TikTok et la Génération Numérique».
Dans ses travaux, le Dr Fabrice Lollia dresse un constat : «les réseaux so­ciaux, et TikTok en particulier, bouleversent les repères cognitifs et émotionnels des jeunes». Ce chercheur a identifié trois risques : «la surexposition à des contenus anxiogènes (troubles alimentaires, automutilation, incitations au suicide), la perturbation des capacités attentionnelles sous l’effet des algorithmes et l’affaiblissement de la pensée critique».
Ces constats s’appuient sur une contribution scientifique que le chercheur a re­mise à la Commission d’enquête parlementaire française sur TikTok. Mais les préoccupations dépassent le cadre hexagonal. Selon lui, il s’agit d’un problème mondial. Les Etats-Unis, l’Aus­tra­lie ou encore certains pays européens ont d’ail­leurs récemment durci leur position sur la plateforme.

Madagascar n’est pas épargné

A Madagascar aussi, les jeunes passent de plus en plus de temps sur les ré­seaux sociaux. «Nous ne sommes pas épargnés. L’en­jeu est global», insiste le Dr Lollia. Il s’interroge également sur les différences de contenus proposées par TikTok selon les régions du monde. En Chine, l’application Douyin – équivalent local de TikTok – propose un contenu très encadré, à vocation éducative. «Pourquoi pas ailleurs ? Qui décide de ce que voient les jeunes ? Et selon quels critères ?», soulève-t-il.
Pour le chercheur, il ne s’agit pas diaboliser les technologies. Il plaide pour «une prise de conscience collective : parents, éducateurs, politiques doivent s’unir pour mieux outiller les jeunes». Dans ce sens, il appelle à une régulation plus rigoureuse, mais aussi à un renforcement de l’éducation nu­mérique, notamment dans les pays du Sud.
Expert reconnu en communication, cybersécurité et innovation éducative, Fabri­ce Lollia dirige un cabinet de conseil à Madagascar. Il intervient régulièrement sur les questions de gouvernance numérique et de jeunesse.

Arh.

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