Tous les yeux sont braqués sur Paris (France), qui abrite ce jour la deuxième réunion de la commission mixte sur les îles Eparses. Après des mois de préparation et avant de mettre le cap sur l’Hexagone, l’Etat a dévoilé la délégation malgache, composée de trois ministres d’experts, samedi.
La ministre des Affaires étrangères, Rasata Rafaravavitafika, conduira une équipe pluridisciplinaire de huit membres, comprenant des ministres, des juristes publicistes et des spécialistes en relations et négociations internationales. Des déclarations réaffirmant la souveraineté malgache sur ces îles ont été publiées suite à l’annonce officielle de la composition de la délégation malgache.
Aux côtés de Rasata Rafaravavitafika, le ministre de la Pêche et de l’économie bleue, Tsimanaoraty Paubert Mahatante, docteur en océanologie appliquée, la sénatrice et ancienne ministre de la Communication, Lalatiana Rakotondrazafy, le Dr Djacoba Oliva Tehindrazanarivelo, ambassadeur à Genève et expert en droit international, ainsi que le Vice-Amiral Antoine de Padoue Ranaivoseheno, spécialiste en sécurité maritime.
Le magistrat Dina Andriamaholy, secrétaire général adjoint de la présidence, Harifera Elisa Rabemananjara, directrice générale de la coopération internationale au ministère des Affaires étrangères, et Hery Lisy Tiana Ranarijaona, directrice générale de la recherche scientifique, font également partie de l’équipe de négociation envoyée par la Grande île.
Restitution et non cogestion
Dans cette optique, la société civile malgache, rassemblant 650 organisations, a publié un communiqué interpellant la délégation malgache de maintenir la position du pays. « Madagascar est l’unique souverain légitime des îles éparses, à part entière et sans condition», ont souligné les OSC. Ces derniers persistent et signent que Nosy Sambatra (Glorieuses), Nosy Ampela (Europa), Nosy Kely (Juan de Nova) et Nosy Bedimaky (Bassas da India), font partie intégrante du territoire malgache, conformément au droit international.
« En tant que citoyens malgaches et acteurs engagés, les OSC dénoncent la mainmise de la France sur ces îles, comme une atteinte à l’intégrité territoriale de Madagascar, exigent la reconnaissance totale et immédiate de la souveraineté de Madagascar sur ces îles et l’ouverture d’un processus concret et irréversible de leur restitution… », toute en appelant à la mobilisation nationale et internationale pour soutenir la revendication de Madagascar.
Dans la même foulée,les OSC encouragent la délégation à défendre sans compromis l’intérêt supérieur de la Nation, expriment leur confiance, leur soutien, et donnent leur bénédiction à la délégation malgache. Elles affirment poursuivre leur plaidoyer jusqu’à la restitution totale et non négociable des îles, « car revendiquer les îles éparses, c’est affirmer notre droit, restaurer notre dignité et transmettre aux générations futures l’héritage sacré de notre souveraineté pleinement retrouvée», a conclu le communiqué.
L’opposition et le Seces à l’unisson
L’opposition dans le pays a également rappelé que les résolutions des Nations unies doivent servir de base aux négociations et que toute alternative à la restitution devrait être soumise à référendum.
Le syndicat des enseignants-chercheurs (Seces) d’Antananarivo, pour sa part, rejette toute idée de cogestion, qu’il qualifie de trahison nationale. Plus encore, il réclame une indemnisation de la France pour occupation prolongée de plus de 130 ans. Le Seces appelle à l’union nationale pour préserver la souveraineté et honorer la mémoire des patriotes qui ont versé leur sang pour la patrie et l’indépendance.
F.M




