Avortement et mariage homosexuel : «Une infraction et à l’encontre des coutumes malgaches», défend le ministre de la Justice

La phase finale de l’Examen périodique universel (Epu), relatif aux droits sexuels, s’est tenue hier à Genève (Suisse) au sein du Conseil des droits de l’Homme, après l’examen du rapport présenté par Madagascar le 27 janvier 2025. Madagascar a rejeté certains nombres de recommandations dont la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse et le mariage de personnes du même sexe.

Dans sa déclaration, le ministre de la Justice, Benjamin Alexis Rakotomandimby, en sa qualité de chef de la délégation malgache, a exposé les points de vue du gouvernement malgache, qui a accepté 204 recommandations et en a rejeté 28 recommandations, y compris le mariage du même sexe et la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse.
Dans ses propos, le mi­nistre de la Justice a expliqué que « des recommandations visent à dépénaliser l’interruption volontaire de grossesse. Il convient de rappeler qu’à Ma­da­gascar, l’avortement constitue une infraction réprimée par le Code pénal malgache ».
« Concernant la recommandation relative au mariage entre personnes du même sexe, il est difficile de prendre des mesures y afférente car les us et les coutumes malgaches ne permettent pas ces pratiques ».

Des recommandations acceptées

Parmi les recommandations soutenues, l’âge de la responsabilité pénale à 14 ans, la liberté d’expression et de réunion pacifique, la protection des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme et des autres acteurs de la société civile dans leurs travaux légitimes.
La prévention des violences sexuelles et des violences basées sur le genre (VBG) ainsi que l’adoption de la politique nationale pour l’inclusion et l’autonomie des personnes en situation de handicap et la gratuité de l’éducation primaire, ont été des recommandations acceptées par le gouvernement malgache. Elles figurent parmi les engagements souscrits par Madagascar, lors des précédents Epu. Et d’autres sont déjà mentionnées dans le droit positif malgache, notamment la Constitu­tion et les lois en vigueur.
Le ministre a également annoncé que des progrès ont été réalisés, depuis l’examen en janvier. Il a cité l’élaboration d’une Stratégie nationale de lutte contre la corruption pour la période 2025-2030, la loi sur la protection des personnes atteinte d’albinisme, la mise en place de la Commis­sion de l’informatique et de liberté (Cmil) et l’amélioration des conditions carcérales ainsi que la mise en place de la justice de proximité.
«La mise en œuvre des recommandations des précédents rapport, a eu un impact considérable sur la politique nationale et la protection des droits de l’homme à Madagas­car», réitère le ministre Benjamin.

Perspectives pour l’avenir

Pour les années à venir, le gouvernement poursuivra l’intégration des 204 recommandations, dans ses politiques et stratégies ainsi que plans d’action, indique Benjamin Rakotomandimby.
Madagascar envisage de restituer ces recommandations au gouvernement, aux parlementaires, aux organisations de la société civile ainsi qu’à toutes parties prenantes.
«Madagascar prendra bonne note des observations et recommandations», a-t-il assuré. Madagascar affiche déjà sa détermination à participer au 5e cycle de l’Epu, a-t-il confié.

F.M

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