Iles éparses: Madagascar reste fidèle à sa position fondamentale de principe

Madagascar reste fidèle à sa position fondamentale de principe qui appelle à la restitution de sa souveraineté sur les îles éparses dénommées « Nosy Sambatra », « Nosy Nandalova », « Nosy Ampela » et « Nosy Bedimaky ». La Grande île est même allée plus loin dans les négociations, lors de la deuxième réunion de la Commission mixte franco- malgache, le 30 juin au Quai d’Orsay à Paris.

Rafaravavitafika Rasata, ministre des Affaires étrangères, a abordé hier devant la presse à Ano­sy, les points de négociation, mis en évidence par la délégation malgache à Paris. Ma­dagascar exige le respect de sa souveraineté sur ces îles, du point de vue historique et juridique.  La ministre a également précisé que la délégation malgache a exigé l’arrêt immédiat de toute action unilatérale sur ces îles.
Dans cette optique, Ma­da­gascar a réitéré sa demande relative à l’élaboration d’une feuille de route claire afin d’éviter le blocage de la procédure de règlement de ce différend.
Le communiqué conjoint précise que « la partie malgache a demandé la suspension de toute décision unilatérale dans les zones concernées, la poursuite des échanges pour parvenir à une solution pacifique et durable, ainsi que la mise en place d’un cadre de partenariat respectueux de la position malgache sur la souveraineté. Elle a appelé à l’élaboration conjointe d’une feuille de route incluant un mécanisme permanent de concertation, des réu­nions régulières et un calendrier clairement défini d’un commun accord ».
Parmi les exigences de Madagascar, la reconnaissance de la souveraineté na­tionale sur les îles éparses, la coopération pacifique entre les parties, l’accès libre et sans restriction des pêcheurs Malgaches dans les eaux entourant ces îles, conformément aux pratiques ancestrales. Egalement, la participation effective des scientifi­ques malgaches à tous les projets de recherche menés sur ces territoires, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de suivi conjoint de l’avancement des discussions, avec un système de surveillance, pour atteindre un objectif commun.
La ministre a rappelé que la restitution des terres colonisées après l’indépendance, est un principe soutenu par les Na­tions unies, l’Union africaine et d’autres organisations régionales telles que la Sadc, qui défendent la souveraineté des pays membres.

Le débat juridique, est clos
La sénatrice Lalatiana Rakotondrazafy, parmi les membres de la délégation malgache, a affirmé que « le débat juridique est clos » pour la délégation malgache, qui s’appuie sur les résolutions favorables des Nations unies. Elle a expliqué que la négociation internationale est un long processus, citant en exemple le différend entre Maurice et la Grande-Bretagne, qui a nécessité onze réunions avant d’aboutir.
Au-delà de la question de souveraineté, la délégation malgache a proposé « la mise en place d’un cadre de partenariat provisoire, transitoire et privé, afin d’éviter un blocage prolongé », comme l’a précisé la sénatrice. Ce cadre vise à préserver les intérêts de la population malgache tout en poursuivant les discussions.
Dans la même foulée, Lalatiana Rakotondrazafy a rappelé que la Cour internationale de Justice (CIJ) a rendu un avis consultatif, sur le différend entre la Guinée équatoriale et le Gabon, qui a nécessité l’intervention de la CIJ, après l’épuisement des voies amiables. «C’est une juris­pru­dence qui pourra être utilisée en faveur de la Grande île», a-t-elle souligné.

Une avancée majeure
En attendant la suite des négociations, la France a déjà satisfait à certaines exigences posées par Madagas­car. La partie française a pris note des demandes de suspension des actes unilatéraux sur les îles et d’autres demandes, tout en rappelant sa position s’agissant de la souveraineté sur ces îles. La partie française a proposé des pistes de coopération dans les domaines de la protection de l’environnement et de la biodiversité, de la re­cherche scientifique, de l’économie bleue (incluant la pêche et le tourisme), de sûreté et de sécurité maritime et de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Poursuite des discussions
Selon le communiqué conjoint publié hier, « cette commission mixte, initiée en 2019 par les deux chefs d’Etat, a vocation à traiter la question des îles précitées dans un cadre bilatéral apaisé et à rechercher des solutions communes. Les discussions ont permis de rappeler les positions respectives et les conclusions de la première session tenue à Antana­narivo en 2019, notamment la reconnaissance mutuelle de l’existence d’un différend sur la question de la souveraineté relative auxdites îles».
Et de continuer, « les deux parties ont réaffirmé leur attachement commun aux principes du droit international, ainsi qu’ aux valeurs de paix, de respect mutuel et de coopération amicale qui guident leurs relations bilatérales ».
Les deux ministres ont manifesté leur volonté de poursuivre leurs échanges dans ce cadre lors d’une prochaine session de la commission mixte à Madagascar. La date est à déterminer d’un commun accord par voies diplomatiques.

F.M

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