Malgré le succès de la circoncision moderne, certains préfèrent toujours recourir à la circoncision traditionnelle, particulièrement en milieu rural. De plus, les services des circonciseurs sont en général gratuits, en sus des frais de déplacement et du « hasin-tanana » dont le montant dépend des clients. Entretien avec Jean de Dieu Ravoahanginandrasana alias Dadanaivo, un « rain-jaza » du Fokontany d’Ambohijatovo, commune rurale d’Alakamisy Fenoarivo (Atsimondrano).
*Les Nouvelles : Depuis quand pratiquez-vous ce métier ?
– Jean de Dieu Ravoahanginandrasana : Depuis 1991, à la mort de mon père qui m’a légué ce métier. Cela fait donc presque 35 ans.
*Selon vous, quels sont les points forts d’un circonciseur traditionnel par rapport aux médecins ?
– La précision et la rapidité de notre intervention qui ne martyrisent pas le circoncis. Cela dépasse rarement les 5 minutes. Dans la majorité des cas, le garçon ne sent même pas l’opération. A cela s’ajoute la mixture que nous préparons afin de cicatriser rapidement la plaie. Le prix de nos services y est aussi pour quelque chose.
*La circoncision traditionnelle ne se soucie pas de l’hygiène.
– Ce n’est pas vrai. J’aimerais préciser que par souci d’hygiène, je n’utilise plus que de l’eau minérale d’une bouteille cachetée pour laver la plaie. On utilisait auparavant de l’eau de source. Une précaution face à la pollution des eaux qu’on enregistre actuellement. Le « Rano mahery », recueillie dans la rivière ou d’une source quelconque, ne sert plus donc qu’à laver les mains. Je désinfecte toujours mes mains avec de l’alcool avant de pratiquer une circoncision. Concernant le bistouri, je ne l’utilise qu’une seule fois. Grâce à cela, aucun de mes clients ne s’est plaint en trente ans de métier.
*Quel est le prix de votre service ?
– C’est totalement gratuit, comme tous les soins traditionnels, à part les frais de déplacement. Toutefois, je ne dédaigne pas le « Hasin-tanana » dont le montant varie selon les clients. En général, le montant tourne autour de 10.000 ariary. Mais il arrive que des clients déboursent entre 50.000 et 200.000 ariary, rarement en tout cas.
*La circoncision nécessite-t-elle l’avis d’un astrologue ?
– En général non. Toutefois, pour que la destinée ou « tonom-bitana » du petit garçon soit forte et favorable, sa circoncision doit se faire en période de lune montante. La pleine lune étant déconseillée, car elle favorise l’hémorragie.
La période de circoncision se situe entre le mois de juin jusqu’au mois d’août.
Propos recueillis par Sera R.




