Encore du chemin à faire

Chaque année, la Banque mondiale nous tend un miroir. Et chaque année, Madagascar y découvre le même reflet : celui d’un pays classé parmi les économies à faible revenu. Pour 2024, rebelote. Avec un revenu national brut (RNB) par habitant de 500 dollars, nous restons bien en deçà du seuil minimal fixé à 1.135 dollars. Une progression d’à peine dix dollars est attendue pour 2025, atteignant 510 dollars par tête. On avance donc, certes, mais lentement.

Il faut dire les choses avec clarté mais sans amertume : malgré les plans, les stratégies, les conférences et les forums d’investissement, le quotidien des Mala­gasy reste synonyme de débrouillardise et de survie.

Et pourtant, l’effort est là. Il serait injuste de dire que rien n’est fait. L’Etat tente de soutenir les secteurs productifs, les partenaires techniques et financiers s’impliquent, et la société civile aussi mais l’ampleur des défis, elle, semble toujours hors de portée des moyens déployés. Outre les défis liés à la situation à l’interne, en effet, une dépendance aux aléas climatiques et géopolitiques sont aussi là… le chantier est donc immense.

Cependant, le classement ne doit pas non plus être vécu comme une punition. La pauvreté n’est pas une fatalité, disait un ancien candidat à la présidentielle. C’est donc un signal d’alarme, une piqûre de rappel sur la réalité économique du pays.

Faut-il pour autant désespérer ? Certainement pas. Ce que ce classement souligne surtout, c’est la nécessité de revoir les priorités en investissant durablement dans l’éducation, la santé, l’agriculture ou encore les infrastructures de base.

Car si l’on veut un jour quitter cette case des faibles revenus, il faudra faire bien plus. Il faudra une volonté politique forte et surtout une capacité à traduire cette vision en actions concrètes. En attendant, restons lucides. Madagascar a encore du chemin à faire.

Rakoto

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