9 995 travailleurs malgaches recensés à l’île Maurice dont la majorité d’entre eux dans les zones franches. C’est un chiffre qui interpelle et invite à la réflexion, d’autant que le nombre de concitoyen voulant s’expatrier pour chercher du travail à l’étranger, peu importe leur qualification et niveau d’études, ne cesse d’augmenter, notamment chez les jeunes. De la fuite des cerveaux à la migration de la main d’œuvre, il y a de quoi s’interroger.
Sans conteste, travailler à l’étranger est un tremplin dans une carrière professionnelle. Mais dans un pays comme Madagascar où l’accès des jeunes à l’emploi est confronté à des difficultés socioéconomiques persistantes, partir à l’étranger représente un espoir de vie meilleure. C’est une nécessité vitale et devenu un enjeu existentiel. Face au taux de chômage et au défi de l’employabilité des jeunes diplômés…s’expatrier professionnellement est la meilleure option.
Maurice, de par sa proximité géographique et son développement économique, représente naturellement une destination privilégiée. Pour certains Malgaches, décrocher un emploi dans l’île sœur, est plus qu’une opportunité, c’est une véritable chance sans tenir compte des inconvénients et des contraintes. L’essentiel, c’est de pouvoir quitter le pays avec un grand ouf de soulagement et de recommencer ailleurs.
Et pas besoin de se poser la question de savoir, pourquoi assiste-t-on à ce phénomène de migration professionnelle ? On connait tous les réponses : manque d’opportunités d’emploi, faible employabilité, inadéquation emploi-formation sans oublier le poids du coût de la vie et l’inflation qui pèsent lourd sur l’avenir. A défaut de politique nationale de l’emploi pour aider les jeunes à surmonter les obstacles et à croire en leur perspective, l’exode professionnel va s’accélérer à Madagascar. Au-delà des chiffres.
Rakoto




