Eternel recommencement

On tombe en pleine période des feux de brousse et donc en conséquence dans celle des incendies de fo­rêts. Ces deux phénomènes sont indisso­ciables. Qu’il s’agisse d’incendie volontaire ou non – effectivement, il existe des incendies criminels -, des agents de l’Etat sont spécialement formés pour sauvegarder le patrimoine forestier.
Mais comment peut- on espérer garder nos forêts intactes quand l’effectif de ceux qui sont chargés de les pro­téger, à savoir les agents forestiers, reste profondément insuffisant. Seulement, pour l’instant, ce corps de mé­­tier ne compte qu’en­viron trois cents agents forestiers.
Evidemment, on obtient un ratio qui dépasse tout enten­dement. Actuellement, un agent forestier a en charge environ 27.000 hectares de forêt. Con­crètement, il est difficile de croire que les charges incombant à l’agent forestier soient réalisées convenablement.
C’est pourquoi les trafiquants en tous genres profitent de la situation pour procéder à un véritable pillage des richesses forestières (bois précieux, orchidées…) ainsi que d’autre richesses naturelles. Dans ces conditions, il faut trouver une solution qui puisse permet­tre de protéger ces ri­chesses
Une piste peut être avancée par le recrutement massif d’agents forestiers en raison de l’insuffisance de leur effectif. Par ailleurs, on pourra appuyer leur nombre par les nouveaux circonscrits au service militaire. Ces derniers auront préalab­lement bénéficié d’une formation militaire.
Cette formation est toujours utile car ils doivent affronter de nombreux dangers, notamment ceux provenant des braconniers. Effec­tivement, ces derniers ne reculent devant rien pour arriver à leurs fins. Des fois, ils osent faire front à des éléments des forces de défense et de sécurité.
On va peut-être se dire que le budget destiné pour ce faire va être énorme. Mais en fin de compte, ce n’est rien comparé aux pertes an­nuelles suite aux pillages et incendies. On ne doit pas oublier que la régénération d’une forêt demande plus d’une décennie alors qu’elle peut disparaitre par le feu en quelques minutes.
Juste pour fixer les esprits, il faut sa­voir que chaque année, 100.000 hectares de fo­rêts sont perdus à cause des incendies. Ainsi, selon les estimations, à ce rythme, les huit mil­lions d’hectares de couverture forestière na­tionale disparaitront d’ici une décennie, voire moins, dit-on.
On peut ainsi apprécier le danger qui guette nos forêts si rien n’est entrepris pour les protéger. Ce ne sont pas les reboisements nationaux que l’on effectue depuis des décennies et des décennies qui compenseront ces pertes. Il faut accepter que chaque année, c’est l’éternel re­commencement.

Aimé Andrianina

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