Affaire Ambohimalaza: la thèse de l’empoisonnement confirmée

Après trois longues semaines d’attente, les dés sont finalement jetés. La mort de 28 personnes après la fête d’anniversaire à Ambohimalaza, le 14 juin n’est pas due à une Toxi-infection alimentaire collective (Tiac), mais à un empoisonnement. Les responsables ont donné un point de presse, hier au Tribunal de première instance (TPI) à Anosy pour partager les résultats des analyses faites à l’extérieur.

Tenu par le secret professionnel, le Dr. An­dri­atiaray Rija Niaina Ramarolahy, directeur de fourniture des soins, chef de service de la toxicologie clinique et de réanimation médicale du Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andriana­va­lona (CHU JRA) n’a divulgué ni le nom du poison ni le type d’éléments pathogènes ayant entraîné la mort de 28 personnes après l’anniversaire d’Ambohimalaza le mois passé. Il a tout simplement confirmé la thèse d’un empoisonnement évoquée par le président de la Répu­blique Andry Nirina Rajoe­lina lors de son intervention télévisée, le 19 juin.
« Les résultats d’analyse du sang et des restes des aliments dans l’estomac des patients, envoyés au service de toxicologie spécialisée en France, signés par un spécialiste en toxicologie et expert judiciaire à la cour d’appel de France, ont confirmé l’existence d’éléments inhabituels dans l’alimentation hu­maine et dans l’estomac humain », a-t-il indiqué. Ces éléments engendrent les symptômes qui se sont manifestés sur les personnes ayant mangé les mets servis durant la fête.

Bilan hebdomadaire depuis cette semaine

Le Dr. Andriatiaray Rija Niaina Ramarolahy a balayé d’un revers de main le doute sur le botulisme. Cette mala­die est due à la chaleur et aux modes de cuisson. De plus, « les produits pâtissiers ne provoquent jamais de botulisme », a-t-il poursuivi. En outre, selon ses dires, « la sortie des résultats de telles analyses demande trois à quatre semaines » pour expliquer le laps de temps entre l’envoi des prélèvements et la publication des résultats.
La procureure de la Répu­blique près le TPI, Narindra Navalona Rakotoniaina, a pour sa part indiqué que les investigations se poursuivent au niveau de la gendarmerie et de la police natio­nale ainsi que du juge d’instruction. « Des téléphones ont été réquisitionnés, des personnes ont été enquêtées, mais nous ne pouvons pas divulguer les secrets d’enquête », a-t-elle indiqué. Encore faut-il rappeler que trois femmes ont été placées sous mandat de dépôt dans cette affaire, après leur défèrement au parquet le 20 juin.
Par ailleurs, selon des sources auprès du CHU JRA, cet établissement hospitalier ne sortira désormais que des bilans hebdomadaires, après celui de dimanche à 13h30. Alors si les chiffres n’avaient pas changé ces derniers temps, ce drame d’Ambohi­ma­laza a coûté la vie à 28 personnes composées majoritairement de jeunes, dont des membres d’une même famille. 13 patients sont en­core en cours de soin, dont l’hôte de la fête, parmi les 52 patients pris en charge dans cet hôpital.

LR

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