Quand la communication passe mal

La triste affaire (em­poisonnement ou in­to­xication alimentaire ?) qui est survenue lors de la célébration d’un anniversaire à Ambohi­malaza continue à faire des victimes. On a constaté le décès de la 29e victime samedi. Plus d’une dizaine de personnes présentes lors de cet évènement sont encore sous con­trôle et suivi médicaux dans des états plus ou moins graves.
Qu’on le veuille ou non, c’est ce nombre élevé de victimes qui focalise l’opinion pub­lique. Et sans jouer le rôle d’oiseau de mauvais augure, il est en­core à craindre que le nombre de décès n’aille encore augmenter. D’au­tant plus qu’aucune précision n’a été fournie en ce qui concerne l’identification exacte du sensé produit mortel qui est à l’origine de tous ces décès.
Quoi qu’il en soit, tout ce qu’on peut dire est que ce triste évènement est à l’origine de nombreux problèmes. Tout d’abord, en ce qui concerne les familles des victimes, ces dernières veulent bien être fixées sur la cause exac­te de la mort de l‘un (pour certaines famil­les, c’est au pluriel) de leurs proches. Ce qui est bien normal quand le doute pèse encore sur la cause du décès.
Il faut aussi savoir que cette affaire apporte beaucoup de problèmes à divers niveaux. Par exemple, pour de nombreux ménages, les habitudes alimentaires ont radicalement changé. Et bien évidemment, cela est à
l’origine de nombreux inconvénients. Du fait qu’une suspicion de botulisme plane encore, beaucoup de ménages s’abstiennent de con­sommer des produits spécifiques.
Parmi ceux-ci, entre autres, les produits de charcuterie figurent au premier rang. Et pour ne pas arranger les choses, le retrait de la vente sur le marché d’une marque précise d’huile alimentaire n’a fait que mettre de l’huile sur le feu. Effectivement, beaucoup de produits alimentaires utilisant de l’huile alimentaire sont boudés par les con­sommateurs.
En conséquence, de nombreux métiers en pâtissent. Cela se constate surtout au niveau au niveau de tous ceux qui font de la restauration leur activité. Nom­breux sont parmi ceux-ci qui se plaignent d’une chute vertigineuse de leur chiffre d’affaires. Mais chaque nouveau décès constaté dans le cadre de cette histoire d’Ambohimalaza ne fait que bloquer la reprise de la consommation.
Pour cette raison, il faut réagir de manière à rassurer l’opinion pub­li­que. Tout au moins, expliquer quels sont les produits qui ne présentent aucun danger à la consommation. Pour le moment, c’est la con­fusion totale dans l’es­prit des gens. Une telle situation est compréhensible quand la communication, notamment officielle, passe mal.

Aimé Andrianina

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