Enfin, des mesures exceptionnelles auront été adoptées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique en vue de renforcer la sécurité des épreuves du baccalauréat. Tout le matériel ainsi que les personnes impliquées dans la préparation de l’épreuve sont confinés.
Toutes ces mesures sont mises en place dans le but de lutter contre un mal qui ronge le baccalauréat malgache depuis de nombreuses années, à savoir, la fuite de sujets. Et ce phénomène a des impacts négatifs sur la considération de ce diplôme qui sanctionne la fin des études secondaires.
Si l’objectif ultime de la mise en place de ces mesures exceptionnelles est de revaloriser le baccalauréat à Madagascar, encore faut-il savoir que ce n’est pas seulement la fuite de sujets qui porte préjudice à la valeur du baccalauréat malgache. Beaucoup d’interrogation se posent à d’autres niveaux.
Effectivement, chaque année, de nombreux candidats mettent en doute le système de correction mis en place ainsi que la transcription des notes. Bien souvent, on assiste à beaucoup de réclamations à ces sujets de la part des candidats qui estiment qu’ils en ont été victimes.
Evidemment, comme l’erreur est bien humaine, il se pourrait bien qu’on fasse quelques erreurs de temps à autre. Mais cela peut se faire volontairement ou non. Et malheureusement, jusqu’à preuve du contraire, quelles que soient les réclamations, il n’y a jamais eu lieu d’une deuxième correction.
C’est un sujet qui mérite d’être réfléchi. La raison est que pour certaines personnes, l’obtention du baccalauréat peut changer de fond en comble toute une vie. Pour cette raison, il est fondamental que les résultats correspondent à la réalité.
Toutefois, les efforts de revalorisation du baccalauréat ne doivent pas s’arrêter là. Il faut également reconsidérer le contenu même de l’enseignement de manière à ce que tous les nouveaux diplômés puissent directement entrer dans la vie professionnelle si jamais, pour une raison ou une autre, ils décident de ne plus poursuivre leurs études.
Ce processus d’amélioration de l’enseignement à Madagascar doit aussi se poursuivre au niveau de l’enseignement supérieur. De nombreuses entreprises déplorent que les sortants des différentes universités ne soient pas directement opérationnels.
Pour cette raison, une formation préparant les nouveaux diplômés à une meilleure intégration à la vie professionnelle serait plus appropriée. Cela doit se faire dès que des études sont sanctionnées par un diplôme (BEPC, BAC, Licence …). Cela réduira, un tant soit peu, le nombre de chômeurs.
Les candidats de la cession en cours doivent se mettre en tête que le baccalauréat n’est pas une fin en soi. Pour beaucoup qui pensent poursuivre leurs études supérieures, ce n’est que l’ouverture de la porte qui mène vers de longues années d’études semées de pièges et d’embuches.
Aimé Andrianina




