On dit souvent que le sport individuel, c’est une affaire de solitude. Une histoire entre soi, son corps, ses limites. Mais quand on regarde les dernières performances de nos athlètes, on se dit que non, décidément, ils ne sont pas seuls car ils portent tout un pays avec eux, et ils le font très bien ces derniers temps.
Prenez le cas de Laura Rasoanaivo, judokate au palmarès déjà impressionnant. Elle s’apprête à s’envoler vers la Mongolie, pour représenter Madagascar, et l’Afrique tout entière, au Grand Slam d’Oulan-Bator. Dans la catégorie des moins de 70 kg, elle est la seule africaine sélectionnée, rien que ça. Vingt et un ans, 21ème mondiale, et déjà l’assurance d’une grande. Le 26 juillet, c’est toute une île qui retiendra son souffle quand elle montera sur le tatami. Avec elle, ce n’est pas juste un combat de judo : c’est une démonstration de force et de persévérance made in Madagascar.
Et que dire de Claudine Nomenjanahary ? En pleine saison d’athlétisme en France, la sprinteuse vient d’égaler un record national vieux de plus de 30 ans : un chrono canon de 11 secondes 32 sur 100 mètres, qui la hisse au rang des grandes. Cerise sur le gâteau ? Elle l’a fait malgré une douleur à l’ischio-jambier. Et donc, même blessée, mais elle court vite. Très vite. Ces derniers temps, partout où elle passe, elle laisse une trace et donc un message aussi, c’est que le sport individuel malgache n’a pas dit son dernier mot.
Et même dans des disciplines parfois considérées comme loisirs du dimanche, il s’agit de nos boulistes qui transforment la pétanque en art de vaincre. Bien sûr, la triplette malgache de Marseille a brillé collectivement, mais n’oublions pas que chacun d’eux a d’abord forgé sa précision. Et face aux légendes françaises, c’est bien leur maîtrise personnelle qui a fait la différence.
Alors oui, le sport malgache, dans ses formes les plus individuelles, brille ces temps-ci comme rarement avec peu de moyens mais beaucoup de cœur. Ils nous rappellent que le dépassement de soi n’a pas forcément besoin de stades grandioses neufs pour exister. Il suffit de volonté et d’un soupçon d’audace.
Le sport individuel malgache ne se contente plus de participer. Il gagne, il impressionne, il inspire. Et c’est bon signe dans un contexte où les mauvaises nouvelles créant des psychoses s’accumulent ces derniers temps.
Rakoto




