Portrait métier: Etes-vous fait pour être banquier ?

Le métier de banquier vous attire ? Il ne suffit pas d’aimer les chiffres ou d’avoir les yeux qui brillent devant des liasses de billets pour réussir dans ce domaine. Derrière l’image glamour véhiculée par certains films, le métier de banquier exige bien plus : sens du relationnel, atout commercial… Dans ce portrait métier, on vous dit tout. Nous avons recueilli les témoignages de professionnels du secteur pour dresser le profil type recherché par les banques.

Des qualités relationnelles

Etre banquier, c’est plus que de beaux costumes et une calculette. C’est avant tout un métier de relation, de confiance et de stratégie commerciale. Selon Vololona Rakotoseheno, banquière depuis cinq ans, voici les qualités clés à maîtriser si vous souhaitez vous lancer dans cette voie. “Ce métier nécessite un grand sens du relationnel. Un bon banquier sait écouter, comprendre et instaurer une vraie relation de confiance avec ses clients. Un client qui se sent compris reviendra naturellement, et mieux encore, il vous recommandera à son entourage. Le relationnel, c’est la base de la fidélisation. On attend aussi des banquiers qu’ils soient porteurs de solutions. Le banquier est avant tout un conseiller, et chaque client vient avec une problématique : un projet immobilier, une entreprise à financer, une difficulté passagère… À vous de comprendre rapidement la situation et de proposer des solutions adaptées, réalistes et claires.”

Mahatoky Andrianarisoa, chargé des affaires dans une grande banque de la capitale indique que le sens commercial est également très important. “Le banquier est aussi là pour proposer les bons produits au bon moment, sans forcer, mais avec justesse. Cela suppose de connaître les offres de la banque sur le bout des doigts, mais aussi de savoir détecter les opportunités, de convaincre sans agacer, et de transformer un besoin en une solution concrète. A cela s’ajoute la qualité de service. Un bon banquier est réactif, disponible et rigoureux, surtout lorsqu’il s’agit du suivi client ou du service après-vente. Une erreur non corrigée ou un retard de réponse peut faire perdre un client. Il faut donc être proactif, organisé et toujours chercher à offrir une expérience fluide et positive, même après la signature d’un contrat.”

Journée type et ambiance de travail

Andry Andrianarisoa, chargé de grands comptes, dévoile les coulisses de son quotidien. “La journée commence à 8 heures, mais en réalité, elle est déjà préparée la veille. Je démarre souvent par des visites clients, en général deux par jour. Cela peut être un prospect ou un client déjà existant dans mon portefeuille, à qui je souhaite proposer un produit bancaire adapté à son entreprise. Une fois les visites terminées, retour au bureau pour le suivi des comptes : vérification des dépassements, des versements, et autres mouvements. Si je repère une anomalie, je contacte directement le client pour résoudre la situation au plus vite. En fin de journée, je travaille sur les dossiers de crédit : analyse financière des entreprises, préparation des éléments pour convaincre la direction d’accorder un prêt, et montage du dossier à présenter au comité crédit. C’est là qu’entre en jeu la force de persuasion, une qualité essentielle dans ce métier. Enfin, je suis de près la qualité de service. Une réclamation client, par exemple, doit être traitée sous 48 heures, et je veille personnellement à ce que chaque dossier soit suivi de bout en bout, jusqu’à sa résolution complète. Dans la banque, c’est un critère de performance fondamental.

“Ce que j’adore dans ce métier, c’est le challenge !”, lance Tiana Nomena, banquière depuis trois ans. Compétitive dans l’âme, elle carbure à l’atteinte des objectifs. « Il y a un vrai esprit de compétition, c’est stimulant. Si on a 50 clients dans notre portefeuille, on doit viser le double d’ici la fin de l’année. C’est une vraie course au développement”, confie-t-elle. Il ne s’agit pas seulement de faire du chiffre en quantité. Développer le portefeuille client, c’est aussi travailler faire croître le Produit net bancaire (PNB). Le PNB, c’est un peu le nerf de la guerre : il représente la valeur réelle que la banque tire des clients, à travers les intérêts sur les crédits, les commissions sur les services, les frais de gestion, etc…

L’apparence compte, et pas qu’un peu

Enfin, la tenue vestimentaire fait partie intégrante du métier. Elle reflète le professionnalisme, l’image de confiance que vous inspirez aux clients, et parfois même le standing de la banque que vous représentez. Un banquier ou une banquière doit donc miser sur un look soigné, élégant et sobre : costume bien taillé, chemise impeccable, chaussures cirées, ou pour les femmes, tailleur chic et talons maîtrisés. L’objectif ? Etre crédible au premier regard, sans en faire trop, mais sans jamais paraître négligé. Mais attention, si vous êtes plus à l’aise en baskets sur des chantiers poussiéreux, en tenue de terrain ou si les talons hauts et les costumes vous donnent des boutons, ce n’est clairement pas un univers pour vous. La banque, c’est aussi une question de présentation, de rigueur et de codes, à assumer avec style !

Nambinina Jaozara

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