Le nombre des pensionnaires au sein d’un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), communément appelé hospice, a au moins triplé depuis 2023, selon le coordonateur général du Centre communautaire hospice de Madagascar (Fimibeama), Solofoniaina Miora Ralaivao. Interview.
– Les Nouvelles : Si vous nous parlez un peu du Centre ?
* Solofoniaina Miora Ralaivao : Le centre communautaire hospice de Madagascar « Fimibeama » a vu le jour en 2009. Sa mission est de dispenser des services sociaux, notamment auprès des personnes âgées, ainsi que de former dans cette optique des Auxiliaires de vie sociale (AVS). Il arrive également que ces AVS s’occupent d’une prise en charge à domicile de ces personnes âgées, selon les besoins de leurs familles. La prise en charge d’une personne du troisième âge signifie lui donner toutes les chances de continuer à vivre dans un environnement adapté et inclusif. Cela avec beaucoup de patience, d’amour et de volonté. Actuellement, le centre a presque des antennes dans toutes les régions de Madagascar.
– Comment s’est évolué le centre depuis sa création
* Depuis la création du centre, le nombre de ses pensionnaires ne cesse d’augmenter et on a même constaté que leur effectif a au moins triplé depuis 2023. En effet, pour différentes raisons, force est de constater que de plus en plus de familles n’arrivent plus à s’occuper convenablement de leurs proches du troisième âge ces dernières années, et si elles en ont les moyens, elles préfèrent les confier dans un Ehpad comme le nôtre.
– En parlant d’Ehpad, quel est le montant de la prise en charge d’un pensionnaire que sa famille devrait débourser mensuellement ?
* A partir de 650.000 ariary. Ce montant comprend en général le repas et les goûters, les exercices physiques pour l’entretien des muscles, à l’exemple des promenades, ainsi que l’hygiène de base. Il est d’un million d’ariary si la prise en charge du pensionnaire est totale. A noter toutefois que les médicaments sont à la charge de la famille si la préparation et l’administration reviennent au centre. Le tiers de nos pensionnaires nous sont confiés par des familles qui habitent à l’étranger.
– Est-ce qu’il arrive qu’une famille ne s’acquitte plus de ses obligations mensuelles ?
* Malheureusement, de tels cas existent mais heureusement ils ne sont pas nombreux. Après avoir entamé toutes les démarches administratives et juridiques nécessaires auprès des autorités compétentes afin de contraindre la famille à ne pas manquer à ses devoirs, nous sommes dans l’obligation de prendre en charge à vie le concerné dans le cas où ses proches restent introuvables.
Propos recueillis par Sera R.




