Prison d’Antanimora: la surpopulation carcérale reste problématique

Une surpopulation carcérale persistante à la prison d’Antanimora dont la capacité d’accueil est limitée à 800 détenus, malgré les efforts et les politiques de désengorgements déployées par le ministère de la justice.

Ces dernières années, le nombre de détenus à la Maison centrale (MC) d’Antanimora, a atteint 4.000 dont près de 800 sont des femmes et des mineurs. A cause de cette situation, la surface occupée par chaque détenu dans chaque quartier des hommes, le soir tombé dans les dortoirs, n’est qu’environ un mètre carré, si le minimum recommandé par la Croix rouge internationale (CICR), est au moins de 3,4 m2.
« A la tombée de la nuit, tous les couloirs de la prison sont transformés en dortoir, même ceux mènent aux toilettes », a fait savoir un responsable de cette prison, samedi. Et c’est pareil dans les maisons de détention existant à Mada­gascar où le nombre des prévenus est toujours supérieur à celui des condamnés.
Lors d’un atelier organisé par la Société civile malgache pour le milieu carcéral (SCMMC) en 2024, cette surpopulation atteint son record avec un taux de 252%, si le ratio condamnés/prévenus s’élève à 55,4%/44,6%. Sur un autre plan, le taux de la malnutrition est estimé à 18 % dont 15,8 % de cas modérés et 2,2% de cas sévères.

Délaissés par leurs proches et familles
Une autre face cachée de la vie carcérale est que certains détenus condamnés à plusieurs années de peine, notamment à plus de cinq ans, sont totalement délaissés par leurs proches et familles.
« En général, ce détachement se réalise progressivement », a-t-il souligné. D’ex­pliquer qu’après les visites et les ravitaillements quotidiens durant les deux à trois premiers mois, l’assistance s’es­pace ensuite par des visites mensuelles dans la première année, et uniquement les jours des fêtes l’année suivante. A partir de la troisième année de détention, les visites deviennent de plus en plus rares, même durant la période de Noël ou de nouvel an.

L’évangélisation comme réinsertion sociale
Toutefois, « l’évangélisation des détenus, est une éducation complète sur tous les plans, le corps, l’esprit et l’âme. Elle permet ainsi aux détenus de croire en leur avenir, avec des nouvelles idées pour affronter leur réinsertion sociale une fois leurs peines expirées. Les résultats obtenus sont meilleurs qu’à l’extérieur », selon le directeur de l’Humanisation de la détention et de la préparation à la réinsertion sociale (DHDRS) de l’Adminis­tration pénitentiaire, Aina Tantely Rakoto­malala. Dans cette optique, l’association cultuelle FVK­FM­ intervient chaque mardi et jeudi, pour organiser une messe dans la chapelle de la MC d’Antanimora afin de réconforter les détenus, accompagnée d’une donation en PPN, vêtements et couvertures, comme c’était le cas samedi où 400 Kilo de riz ainsi que 400 couvertures ont été distribués aux mineurs et femmes détenus.
« On accomplit l’accomplissement du deuxième commandement de Jésus selon Mathieu 22-37, celui d’aimer son prochain comme soi-même, afin de les aider à réussir leur réinsertion sociale », a indiqué le pasteur Manilson Pimenta de la FVKFM.

Sera R.

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