La période d’exhumation ou retournement des morts (Famadihana) bat son plein actuellement, notamment sur les hautes terres.
Cela à raison d’au moins une trentaine de demandes d’autorisation depuis le mois d’août, selon des maires de certaines communes de l’Atsimondrano, Avaradrano et Manjakandriana, joints au téléphone hier. Un rite funéraire pratiqué allant du mois d’août jusqu’au début du mois d’octobre sur les hautes terres centrales. « Comme on est en pleine lune montante ce weekend, il est ainsi propice pour entamer la période du Famadihana, d’autant plus que 2025 est une année impaire », selon un père de famille qui se trouve en plein « Famadihana » à Alakamisy Fenoarivo, du district d’Atsimondrano, samedi dernier. Il fait remarquer que réaliser ce rite funéraire tous les sept ans, et avec le rythme de vie qu’on mène actuellement, c’est le seul moment de retrouvailles et de communion familiale pour consolider les liens.
Le retournement de morts rime toujours avec grande festivité, où on rend hommage aux ancêtres tout en divertissant les vivants. De ce fait, l’événement dure au moins trois jours où la famille concernée invite les proches et les habitants environnants à prendre part au « Vary be menaka », un festin constitué d’un plat de riz accompagné de viande de zébu de fosse ou de porc bien gras aux convives. Le tout accompagné de boissons qui coulent à flots, notamment celles qui sont alcoolisées.
Les dépenses réduites au maximum
Toutefois, malgré l’importance accordée par les Malgaches à leurs ancêtres, ainsi que sa portée dans la coutume, bon nombre d’inconditionnels du « Famadihana » ont avoué cette année de réduire leurs dépenses en raison du coût élevé de la cérémonie, face au coût de la vie actuelle.
En effet, de nos jours, on distribue les faireparts où le nombre d’invités est limité, si en général c’est tout un village qui est convié jadis, en sus des membres de la famille et des relations. La séance de « Hira gasy », de la troisième journée, est aussi pratiquement supprimée. D’ailleurs, les membres de la famille qui n’ont pas participé aux dépenses sont effectivement exclus de la cérémonie. « Le sens du Famadihana d’être une occasion de rassemblement, perd ainsi une grande partie de sa raison d’être. Certains profitent même actuellement d’un enterrement pour envelopper à la va vite leurs morts afin d’éviter une dépense excessive et une cérémonie fastidieuse », déplore un sexagénaire.
Sera R.




