Développement du numérique: focus sur la gouvernance des données et l’e-commerce

Antananarivo accueille le tout premier atelier de la Sadc consacré exclusivement au numérique depuis que Madagascar en a pris la présidence tournante en août. Pendant cinq jours, gouvernements, experts et partenaires internationaux débattent d’enjeux cruciaux : la gouvernance des données et le commerce électronique.

La ministre du Déve­loppement du numérique, des postes et des télécommunications (MNDPT), Stéphanie Del­motte, a donné le ton dès l’ouverture. «Les données sont le nouvel or de notre temps», a-t-elle affirmé en lançant officiellement l’atelier y afférant au Novotel Alarobia, hier. Elle rappelle surtout que les données constituent à la fois la mé­moire collective, le moteur économique et la voix des citoyens. Leur gestion, a-t-elle souligné, est désormais une condition de souveraineté et un socle de développement durable.
Les impacts de la révolution numérique sont déjà visibles. Dans les villes comme dans les campagnes, les jeunes inventent des solutions adaptées aux réalités locales et rêvent de startups capables de rivaliser sur la scène mondiale. Les petites entreprises, elles, franchissent les frontières grâce aux plateformes en ligne, reliant Madagascar aux marchés du Mozam­bique, de l’Afrique du Sud ou encore de la Tanzanie. Dans les administrations publiques, les données de­viennent un levier de performance et de transparence, contribuant à restaurer la confiance des citoyens et à combattre la corruption.

Un cadre juridique commun

Mais pour transformer ce potentiel en véritable mo­teur de prospérité, il faut des règles claires et partagées. C’est là que réside l’un des enjeux de l’atelier d’Anta­nanarivo : l’adoption d’un cadre juridique commun. Les États membres de la Sadc travaillent à valider une Loi-type sur le e-commerce et les e-transactions. Une loi qui, pour la ministre malgache Stéphanie Del­motte et l’ensemble des panelistes de l’atelier, est destinée à «combler le vide juridique qui freine encore l’essor du secteur».
«Cet instrument vise à sécuriser les échanges numériques, renforcer la confiance des consommateurs et attirer de nouveaux investisseurs. Il s’inscrit dans une volonté d’harmonisation régionale, en cohérence avec le Data Policy Framework de l’Union africaine», a expliqué Thier­ry Rabenandra­sana, secré­taire général auprès du MNDPT et également président du Conseil d’administration de l’Auto­rité de régulation des technologies de communication (Artec). L’objectif est de bâtir une économie numérique intégrée, dotée de standards partagés et capable de rivaliser sur le marché mondial.
Pour les responsables présents, la question dépasse la simple technique. Elle touche à la souveraineté et au futur des générations montantes. «Gouverner les données, c’est gouverner l’histoire qui s’écrit sous nos yeux», a rappelé la ministre. En assumant la présidence de la Sadc, Madagascar entend porter haut cette ambition : construire une communauté numérique unie, inclusive et tournée vers l’avenir.

Arh.

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