Dans son rapport sur les perspectives de l’économie mondiale édition mois d’octobre, le Fonds monétaire international (FMI) fait part d’une prévision alarmante sur les pays à faible revenu de l’Afrique subsaharienne incluant Madagascar notamment sur l’interruption de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa).
Selon la prévision, la fin de l’accord de l’Agoa engendrerait des effets négatifs conséquents sur les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne dont Madagascar et le Lesotho qui bénéficiaient de cet accès préférentiel au marché américain. Or, l’Agoa et les incertitudes liées aux politiques commerciales de la Chine et des Etats-Unis font de la croissance africaine un sujet de discussion majeur à l’international. Cela a d’ailleurs été le cas lors des assemblées annuelles du FMI et la Banque mondiale qui se sont tenus du 13 au 18 octobre à Washington mettant l’Afrique sous les projecteurs. Pour le cas de Madagascar, avec la suspension de l’Agoa, le textile malgache est désormais taxé à 15% à l’entrée du marché américain. C’est là un pourcentage qu’on peut qualifier de modeste, mais il constitue un fardeau de taille dans un secteur où les marges sont étroites.
La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a évoqué lors des assemblées annuelles du FMI et la Banque mondiale que l’Afrique se doit désormais de relever le défi de diversifier ses partenaires commerciaux, mais aussi de renforcer ses chaînes de valeur régionale et attirer des investissements durables notamment pour soutenir sa croissance économique. Néanmoins, elle a souligné l’importance de préserver la place du continent africain dans le commerce mondial.
Le choc commercial lié à l’interruption de l’Agoa n’est pas des moindres, mais le FMI a évité d’entrer dans les détails dans son rapport. La Banque mondiale quant à elle a d’ores et déjà soulevé l’effet paralysant de l’interruption de l’Agoa sur les exportateurs africains incluant ceux de la Grande île. L’ambassadrice de Madagascar aux Etats-Unis, Lantosoa Rakotomalala a aussi déjà souligné que la fin de cet accord commercial s’avère être une menace pour l’emploi et l’investissement tant en Afrique qu’aux Etats-Unis.
Jean Riana




