Le match que Madagascar doit encore gagner

Des incompréhensions naissent le doute et la suspicion. La récente polémique autour du partage des primes de victoire des Barea, à l’issue du Championnat d’Afrique des Nations, et la désignation du nouveau Premier ministre en sont une illustration.
Selon la Fédération malgache de football (FMF), la Confédération africaine de football (CAF) aurait déduit « à la source » les frais d’hébergement et de séjour de la délé­gation malgache sur les primes versées. Plus surprenant encore, la CAF aurait également retranché les droits télévisés des gains obtenus par l’équipe nationale. Une explication donnée par le président de la FMF, qui soulève davantage de questions qu’elle n’en résout.
Le véritable problème ne réside pas tant dans les montants ou les déductions, mais dans le manque de clarté et de communication. L’absence d’informations précises entretient la confusion et alimente la suspicion. Dans une société où la confiance envers les institutions reste fragile, la trans­parence devrait être un principe fondamental, non une option.
Cette affaire dépasse le cadre sportif. Elle révèle une constante dans la gestion du pays : le déficit d’information. Dans une période de transition et de refondation du sys­tème, la transparence et la pédagogie des décisions devraient être au cœur de l’action publique. Et sur cet aspect, la grande muette doit aller jusqu’au bout de la logique politique en prenant la décision de gouverner durant les deux prochaines années.
Prendre le temps d’expliquer une décision, même diffi­cile, permet d’éviter les malentendus et de renforcer la confiance. A défaut, les politiciens continueront de courir après les crises, en pompiers de service, plutôt qu’en bâtisseurs d’un Etat moderne et crédible.

T. Rasam

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