La refondation rêvée, un véritable virage à 180 degrés, ne signifie pas forcément dépolitisation avec toutes ses connotations négatives et sous toutes ses formes. Ceux qui pensent ainsi, sont naïfs et crédules, faciles à berner, face à la montée du populisme. Certes, la tendance actuelle est à la désaffection politique. Les citoyens font preuve d’un désintérêt vis-à-vis des politiques devenus cibles de la diabolisation exagérée pour diverses raisons. Plus qu’une défiance manifeste voire un désaveu, c’est un rejet accru de la sphère politique. Mais de-là à mettre tout le monde dans le même sac, relève du préjugé et d’un procès d’intention sans fondement, sur la base de soupçons et de qu’en dira-t-on.
Après le ras-le-bol du délestage, voilà maintenant que tout le monde en a marre des politiciens dits« déguisés », sans arriver pour autant à se détacher de la mainmise des vieux loups opportunistes qui tirent les ficelles en coulisses avec des idées derrière la tête, après avoir été dans la tourmente politique pendant des années. Pis encore, ils jouent à leur manière la partition en entonnant le même refrain, loin de répondre aux aspirations de la Gen « Z ».
Un monde sans politique ou plus précisément une refondation sans politique et élections est-il possible ? A ce propos, les opinions divergent et se contredisent même, à tel point que chacun a sa propre vision sur cette fameuse refondation encore au stade de la revanche et de la vengeance, mais déjà sur fond de mésentente entre les « Refondateurs » de la nation.
Alors que les uns veulent se débarrasser des politiques, outre ceux qui se retrouvent désormais de l’autre côté de la barrière, les autres paradoxalement ne sont pas dans le même état d’esprit. Au lieu de mettre sur la touche les politiciens, ce sont plutôt la pratique et la culture politiques qu’il faut changer, selon plus d’un. Ce n’est pas la peine de refonder le système et de voter des lois si les vieilles mauvaises habitudes y sont encore ancrées.
Rakoto




