C’est une page qui se tourne pour les Barea, ces vaillants vice-champions du Championnat d’Afrique des Nations 2024. Après des semaines où les rumeurs ont bruissé comme un vent de tempête sur les pelouses malgaches, l’équipe nationale a enfin annoncé que les primes tant attendues ont été intégralement versées. Hier, au terme de discussions marathon au siège de la Fédération malgache de football à Isoraka, joueurs et staff ont scellé un accord qui apaise les cœurs et redonne le sourire.
Au centre de cette annonce, Manda Hasina Ratsimbazafy, plus connu sous le sobriquet de Bota, le gardien de but et porte-parole officieux des Barea. Entouré de ses coéquipiers et des membres du staff, il a pris la parole dans une vidéo diffusée par la FMF, avec une franchise qui tranche avec les tensions passées. « Salutations à tous les amoureux du football malgache. Fini les malentendus. Nous sommes venus aujourd’hui discuter avec la fédération des primes du Chan 2024. Nous remercions chaleureusement la FMF, car nous avons tous reçu nos parts aujourd’hui », a-t-il déclaré d’une voix ferme, avant d’ajouter un hommage vibrant aux anciens Barea qui ont mouillé le maillot pour que les efforts soient récompensés. Il n’a pas manqué de saluer les supporters, ces fidèles qui ont poussé derrière l’équipe comme un douzième homme infatigable, et a insisté sur le fait que cette déclaration était faite en toute liberté, sans la moindre ombre de pression.
Les joueurs n’ont pas détaillé les montants exacts perçus. On sait seulement que la cagnotte initiale, fixée à 1,2 million de dollars par la Confédération africaine de Football, avait été amputée à environ 1,1 million après diverses retenues : amendes, droits télévisés liés à la CAN 2023 et même le coût des ballons fournis par Puma. Chaque joueur avait déjà touché 61,8 millions d’ariary, un chiffre bien en deçà des 71 millions initialement murmurés dans les couloirs. Mais ces précisions chiffrées à part, l’essentiel est ailleurs : l’affaire est close, et les Barea insistent sur leur cohésion. « Nous sommes tous ensemble, sans division », a martelé Bota, comme pour clouer le bec aux ragots qui ont failli fissurer le groupe.
Ce dénouement n’est pas tombé du ciel. Il couronne des pourparlers intenses, initiés sous la menace d’un ultimatum de 72 heures brandi par quatre gloires du passé : Bolida, Faneva Ima, Abel Anicet et Voavy Paulin. Ces anciens ont joué les éclaireurs, rappelant à la FMF que les exploits sur le terrain méritent une reconnaissance à la hauteur. La fédération, qui n’a cessé de clamer sa transparence, validée par la CAF elle-même, a su écouter et agir. Lundi, autour de la table, joueurs, staff et dirigeants ont dissipé les nuages, clarifié les zones d’ombre et procédé aux versements finaux. Un happy end qui efface les semaines de polémique et protège l’auréole de cet exploit historique : une place de vice-champion au Chan, une première qui a fait vibrer Madagascar.
Naisa




